Retour de lecture pour : Le maître de thé, Yasushi Inoué

Certains de mes retours de lecture peuvent présenter des éléments d’intrigues.

L’auteur : Yasushi Inoué est un des plus célèbres romanciers japonais. Il se fait connaître grâce à une nouvelle récompensée par le prestigieux Prix Akutagawa en 1949 : Combats de taureaux. Il se met ensuite à publier un grand nombre de romans et de nouvelles dont les thèmes sont souvent historiques et minutieusement documentés, comme la Tuile de Tenpyo (1957) ou le Maître de thé (1991). Il est élu en 1964 à l’Académie des Arts et préside l’Association littéraire japonaise de 1969 à 1972. Il reçoit l’Ordre National du Mérite en 1976. Il sera également élu vice-président du PEN Club International en 1984. Il a reçu, en 1950, le prix Akutagawa, la plus prestigieuse récompense littéraire du japon, pour Le fusil de chasse.

4e de couv : « Monsieur Rikyu a assisté à la mort de beaucoup de samouraïs… Combien d’entre eux ont dégusté le thé préparé par Monsieur Rikyu avant d’aller trouver la mort sur le champ de bataille ? Quand on a assisté à la mort de tant de guerriers, on ne peut pas se permettre de mourir dans son lit ! » Non, Monsieur Rikyu (1522-1591), Grand Maître de thé issu du bouddhisme zen, n’est pas mort dans son lit ! Il s’est fait hara-kiri à l’âge de 69 ans. Pourquoi s’est-il donné la mort ? Un vieux moine, son disciple, tente d’élucider le mystère de ce suicide.

Ce livre-enquête nous projette dans le Japon de la fin du XVIe et du début du XVIIe siècle. A cette époque, la cérémonie du thé était un acte grave, un rituel qui témoignait d’un engagement redoutable, empreint d’exigences éthiques et politiques, prétexte parfois à des négociations secrètes. Le Maître de thé est donc tout naturellement un roman d’initiation, de méditation, lyrique et sensuel à la fois. A travers la figure historique de Rikyu, Yasushi Inoué (1907-1991) dresse le portrait d’une génération hantée par la mort. Etrange de penser qu’il a écrit là son dernier récit et sans doute son chef-d’oeuvre, publié en 1991, l’année même de sa disparition !

Retour de lecture : Cet ouvrage est spécial, très spécial, l’absence d’action en fera s’ennuyer plus d’un. En effet, nous avons ici 150 pages qui retrace vaguement la vie d’un disciple dont le célèbre maître dans l’art du thé s’est fait seppuku pour une raison inconnue. La trame de l’histoire est centrée sur l’interrogation de ce disciple sur les raisons du suicide de son maître. Au fil de ses rencontres avec des connaissances de son maître, il nous est proposé de découvrir le style simple et sain, l’importance de la cérémonie du thé étroitement liée aux samouraïs, à la vie, à la mort…
Je suis très partagée sur ce livre, il est très intéressant par les mille et un détails qui nous renseigne sur la cérémonie du thé, les samouraïs, la rigueur de ce Japon moyenâgeux où l’exigence morale est extrême, la spiritualité omniprésente ainsi que la parcours initiatique auquel chacun tend à sa manière. Mais à côté de cela, il est terriblement lent, ennuyeux, je n’ai pour ma part réussi à le terminer qu’en fragmentant ma lecture par petites bribes. Je suis cependant ravie de l’avoir achevé et de m’être enrichie de cette lecture mais elle n’a pas été facile, une sorte de mise en abîme miniature du parcours initiatique proposé par le personnage principal, long, difficile, laborieux mais instructif.

Ma note finale est à l’équilibre pour ces raisons, je lui mets 10/20 mais, que cette note ne décourage personne, il y a réellement matière à s’enrichir de ce modeste livre.

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