Chronique issue de mon blog à visée ésotérique, spirituelle et de développement personnel. Les retours de lecture sont donc un peu différents des lectures plus classiques car ils ne s’arrêtent pas sur les mêmes éléments. Ils sont, en outre, tous hors notation.

Retour de lecture pour : La traversée, Philippe Labro

Certains de mes retours de lecture peuvent présenter des éléments d’intrigues.

L’auteur : Philippe Labro, né à Montauban, part à dix-huit ans pour l’Amérique. Etudiant en Virginie, il voyage à travers les Etats-Unis pendant deux ans. A son retour, il devient reporter à Europe N° 1 puis grand reporter à France Soir. Il fait son service militaire de 1960 à 1962, pendant la guerre d’Algérie. Il reprend ensuite ses activités de journaliste (Le Journal du Dimanche, RTL, Paris Match, TF1 et A2) en même temps qu’il écrit et réalise sept longs métrages pour le cinéma. Il est directeur des programmes de RTL, de 1985 à 2000. Il a publié chez Gallimard Un Américain peu tranquille (1960), Des feux mal éteints (1967), Des bateaux dans la nuit (1982). En 1986, L’étudiant étranger lui vaut le prix Interallié. En 1988, Un été dans l’Ouest obtient le prix Gutenberg des lecteurs. Après Le petit garçon en 1991, Philippe Labro publie Quinze ans en 1993, puis en 1994 Un début à Paris, qui complète le cycle de ses cinq romans d’apprentissage. En 1996 paraît La traversée, un témoignage qui connaît un succès considérable, suivi en 1997 par Reculez-vous au Colorado. En 1999, Philippe Labro fait parler Manuella. En 2002 est édité Je connais des gens de toutes sortes, recueil de portraits revus et corrigés, et en 2003, un nouveau témoignage, Tomber sept fois, se relever huit.

4e de couv : «La maladie qui m’a conduit à la réanimation m’a emmené plus loin que la réa, bien au-delà du cap Horn, dans ce qu’il convient d’appeler une expérience de mort approchée. Au cours de cette traversée, j’ai vu et entendu toutes sortes de choses. Des monstres, des anges, des paysages et des visages, du vide et du trop-plein, de la compassion, de l’horreur et de l’amour. Aux prises avec un bouleversement constant du temps et de la durée ; quand les jours et les nuits n’avaient plus aucun sens, aucune construction ; lorsque je perdais tout repère ; lorsque je revoyais des moments de ma vie ancienne et de ma vie à venir. Lorsque deux Moi-même s’affrontaient en un dialogue permanent, quand l’un de ces deux Moi disait : – Tu vas mourir, laisse aller, c’est foutu, tandis que l’autre Moi répliquait : – Non, bats-toi, il faut vivre.»

Retour de lecture : Ce livre est le témoignage que l’auteur fait de son expérience mort approchée suite à une hospitalisation. C’est un témoignage, nu, sincère, on sent le désir d’honnêteté.

C’est un livre qui exprime la prise de conscience que seules les expériences les plus extrêmes peuvent engendrer… Comprendre les fondements de nos peurs, de nos refus d’accepter de voir certaines choses pour ce qu’elles sont, nos quêtes de futilité, nos étourdissements volontaires et inconscients dans le grand manège de la vie…
Ce livre est dur, cru et pourtant si précieux, il recèle bien sûr cette part unique de l’individu qu’est l’auteur mais au travers de son expérience, il partage cette part universelle de la quête de sens de l’humain…

 Comme bien souvent, ce sens n’apparaît qu’à l’approche de la perte totale de ce qu’on possède… C’est un livre riche du fardeau de la mort et du cadeau de la vie mais paradoxalement aussi du cadeau de la mort et du fardeau de la vie aussi… Comprenne celui qui pourra… avant de trouver la paix en l’un et en l’autre…  faire de nos pertes de véritables cadeaux qui font chanter la vie chaque seconde aujourd’hui, tout le monde n’est pas prêt à l’entendre ou à le lire et pourtant ceux qui ont trouver cette transcendance sont les plus heureux…
Cette traversée c’est un parcours initiatique, le parcours que chacun doit effectuer dans ses épreuves personnelles…
Ce témoignage parlera fortement à ceux qui ont déjà eu cette prise de conscience, reconnaissant les différentes étapes successives… la façon de renaître en se dépouillant des costumes que notre société moderne veut nous faire porter depuis le plus jeune âge et ceux que nous nous imposons pour x ou y raisons … la façon de renaître en trouvant que tout est un cadeau et que le reste on s’en fout… Apprendre à reconnaître la chance et à relativiser ce qui n’est pas important… La seule leçon de vie qui mène au bonheur…

Si ce n’est pour vous reconnaître dans ce parcours initiatique de Labro, ce livre vaut pour la conscience qu’il véhicule, la conscience que l’on peut souhaiter à tous et à chacun… La conscience qui peut peut-être vous aider à avoir le déclic de la beauté de la vie dans la transcendance de la souffrance…
Et en prime, parce que la privation de la parole a été l’une des expérience de l’auteur, on trouve dans ce récit une jolie réflexion sur la communication et la parole… réflexion ô combien intéressante pour les droguer de blabla que nous sommes en majorité… enfin, du moins avant d’avoir effectué la traversée…
Vous l’aurez compris, je vous invite fortement à découvrir ce livre et je vous laisse sur cette citation de Walt Whitman que j’ai déjà fait mienne lors de mes traversées personnelles : « Pour moi, chaque heure de lumière et d’obscurité est un miracle […] ».

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