Chronique issue de mon blog à visée ésotérique, spirituelle et de développement personnel. Les retours de lecture sont donc un peu différents des lectures plus classiques car ils ne s’arrêtent pas sur les mêmes éléments. Ils sont, en outre, tous hors notation.

Retour de lecture pour : Le juge et la sorcière, Joëlle Dusseau

Certains de mes retours de lecture peuvent présenter des éléments d’intrigues.

L’auteur : Joëlle Dusseau, inspectrice générale de l’Education nationale, a mené de front recherche universitaire et carrière politique. Cette ancienne sénatrice, qui fut aussi conseillère régionale et générale, est l’auteur de Portraits de dames. Dix femmes d’Aquitaine, paru aux Editions Sud Ouest.

4e de couv : Début du XVIIe siècle. Les bûchers flambent en Aquitaine. Comme ils flambent dans toute l’Europe où se développe une phobie obsessionnelle : les sorcières sont partout et, derrière elles, le Diable. En 1609, Henri IV envoie Pierre de Lancre juger la sorcellerie en Pays basque. C’est un homme de 56 ans, conseiller au parlement de Bordeaux, imbibé de culture classique, fasciné par l’étrange. Pendant des semaines, le juge traque les sorcières, les torture jusqu’à l’aveu, cherche, l’aiguille à la main, la  » marque du Diable « . Car ce n’est pas le Moyen Age qui fait périr les sorcières, c’est le beau XVIe siècle, c’est le classique XVIIe. Derrière la hideur des procès, des tortures et des exécutions, il y a toute la délirante logique, toute la gravité de juges pétris d’humanisme, en robe, à chaperons fourrés…

Retour de lecture : Que voilà un livre bien construit, c’est suffisamment rare pour le souligner.
Le début est très bien présenté, l’auteure a construit son livre de façon à ce que nous comprenions le contexte historique et surtout politique au moment des faits présentés.
Il est, en effet, important de garder en mémoire que bien que n’étant plus au moyen-âge la France est une terre qui a bu du sang et connu bien des guerres et des batailles. Une terre qui a vu autant de grandeur que de laideur, terre porteuse d’histoire et d’égrégores marquants, une terre au karma particulier…
Ensuite la présentation de la vie de Pierre de Lancre est décrite en fonction de ce qu’on l’on peut retracer de sa vie ou deviner tout en laissant certaines questions en suspend laissant le lecteur combler les blancs ou non. Ce personnage nous ayant légués des écrits sur la sorcellerie, il est vraiment très pertinent d’étudier son parcours et d’essayer de le cerner autant que faire se peut.

Le lecteur n’est ici pas traîner de force dans une interprétation, l’auteure propose des pistes, interroge, c’est ici un livre fort bien documenté qui se veut précis et pédagogique avec une écriture aussi entraînante que pour un roman historique.

Il pose les bases sociales, politiques, historiques religieuses, absolument nécessaires pour comprendre le contexte, le personnage, le lieu, les évènements…

Cet ouvrage est une mine de renseignements pour qui s’intéresse à la chasse aux sorcières, aux motivations qui ont, en France, provoqué une telle poursuite des serviteurs du diable. Je trouve tout à fait intéressant de lire une analyse féminine sur cette période obscure, elle a la pertinence et l’acuité que bien des hommes n’auraient pas eu… Son analyse est complète fouillée, l’auteure maîtrise son sujet et communique son enthousiasme à nous partager ses recherches. La bibliographie est à elle seule une mine d’or. Je salue le travail de l’auteure, il existe peu d’ouvrages si bien conçus de bout en bout, tout à la fois pédagogique et proposant une analyse aussi complète en si peu de pages…

Je recommande très très très fortement cet ouvrage à ceux qui s’intéressent à la chasse aux sorcières et a ses motivations, ainsi qu’à ceux qui sont fascinés par l’histoire du sud ouest.

Je vous laisse sur cette citation qui résume à elle seule l’intérêt de s’intéresser à cet ouvrage, ne serait-ce que pour tordre le coup aux préjugés :

Les bûchers des sorcières s’élèvent au cours d’un XVIe siècle que l’on croit lumineux parce qu’il est le temps d’Erasme, de Vinci, Ronsard et Montaigne ; au cours d’un XVIIe siècle qui est celui de Descartes. Ce n’est pas le Moyen-âge qui élève les bûchers, c’est la Renaissance et l’âge Classique.

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