Retour de lecture pour : Le bâton d’Euclide, Jean-Pierre Luminet

Certains de mes retours de lecture peuvent présenter des éléments d’intrigues.

L’auteur : Né dans le midi de la France en 1951, Jean-Pierre Luminet a passé une enfance contemplative, pratiquant la musique, les arts graphiques et l’écriture. Féru également de mathématiques et d’astronomie, il a choisi de suivre une filière scientifique tout en poursuivant ses activités artistiques et littéraires. Aujourd’hui astrophysicien à l’Observatoire de Paris et au Laboratoire d’Astrophysique de Marseille, directeur de recherches au C.N.R.S., ses travaux sur les trous noirs et la cosmologie ont fait sa renommée mondiale. L’astéroïde (5523) Luminet porte son nom en hommage à ses travaux.
À ses activités de scientifique, il ajoute celles d’un auteur tour à tour poète, essayiste et romancier dans une œuvre protéiforme où science, histoire, musique et art sont liés.
Officier des Arts et des Lettres, il a publié une quinzaine d’essais (L’univers chiffonné, Le Destin de l’univers, Illuminations, etc.) et sept romans (Les Bâtisseurs du Ciel, etc.), traduits en une douzaine de langues. En poésie il compte à son actif une dizaine de recueils (Les Poètes et l’univers, Itinéraire céleste, La nature des choses, Un trou énorme dans le ciel, etc.), quatre livres d’artiste, et de nombreuses publications dans des revues et anthologies.

4e de couv : En 642, les troupes du général Amrou investissent Alexandrie. Elles doivent brûler le million de livres que recèle la célèbre Bibliothèque. Car, à Médine, le calife Omar leur a donné l’ordre d’éliminer tout ce qui va à l’encontre de l’Islam. Un vieux philosophe chrétien, un médecin juif et surtout la belle et savante Hypatie, mathématicienne et musicienne, vont tenter de dissuader Amrou de détruire ce temple du savoir universel. Ils vont lui raconter la vie des savants, poètes et philosophes qui ont vécu et travaillé dans ces murs : Euclide, mais aussi Archimède, Aristarque de Samos qui découvrit que la Terre tournait autour du Soleil, Ptolémée et tant d’autres qui payèrent de leur vie leur combat pour la vérité. Le général Amrou obéira-t-il à Omar ? Les Arabes ont-ils vraiment brûlé la Bibliothèque ? Ou bien n’a-t-elle été victime, au fil des siècles, que de la folie des hommes ? En racontant le destin exceptionnel de ces grands esprits de l’Antiquité, Jean-Pierre Luminet alterne l’épopée, la nouvelle et le conte philosophique, dissimulant son érudition sous l’humour et la poésie.

Retour de lecture : Ce roman pose sa thématique dans un contexte pertinent, la prochaine destruction de la bibliothèque d’Alexandrie, ce thème en soi est fascinant pour qui aime l’antiquité, le savoir, la culture et l’histoire de ces derniers.

Il faut un certain génie pour caser en si peu de pages autant de récits dans le récit. La mise en abyme est ici brillante et l’érudition de l’auteur rend humble tout autant que le travail de chercheur auquel il a dû se soumettre. Tous les ingrédients étaient ici réunis pour en faire un roman historique assez fantastique, si ce n’est que, pour ma part, je n’ai absolument pas accroché aux dialogues entre les quatre protagonistes principaux, c’est-à-dire le premier niveau du roman.

Ca sonne creux, ça sonne artificiel, on sent l’excuse pour présenter les sous-intrigues, cela peut passer pour certains, pour ma part, cela m’a fait poser le livre tous les deux chapitres… Persévérante, je l’ai repris et reposé, puis repris encore puis reposé encore, bonnant malant je l’ai terminé mais non sans peine. Cela tend pourtant à s’améliorer au trois quart du livre, il faut tenir bon.

Pourtant, je tiens absolument à souligner que ce roman n’est pas dénué d’intérêt au contraire… mais comme un plongeur d’apnée fasciné par les fonds marins, refaire surface pour le prétexte de base est dur, pénible même, on perd la magie, la brillance des sous récits qui eux exercent une sorte de fascination hypnotique et dont il aurait peut-être été préférable de ne pas nous sortir si souvent…

La fin est tout aussi attendue que cohérente, elle se veut une fin ouverte qui salue l’histoire de nos savoirs et de nos savants.  Il se dégage tout autant un hommage qu’un avertissement dans ce roman historique ; un hommage vibrant aux hommes et aux femmes qui ont su chercher et partager le savoir parfois au risque de leur vie et un avertissement que l’humanité ne cesse de reproduire sans arrêt les mêmes schémas.

En refermant ce roman et malgré les bémols que j’ai pu lui porter, il me reste l’impression indéniable d’un travail de chercheur forcenné et passionné mais aussi une question entêtante qui flotte dans mon esprit « l’humanité saura-t’elle un  jour tirer des leçons de se passé ? »

Avant de vous livrer ma note pour ce roman, je terminerai en précisant que l’auteur clôture ce livre en expliquant sa démarche, à savoir d’avoir écrit un roman et non un essai historique, précision ô combien nécessaire quand je vois certains retours. Il n’a jamais été question ici de précisions historiques mais bien d’arrangements romanesques et plausibles. Il faut savoir accueillir les choses pour ce qu’elles sont et nous sommes ici en présence d’un roman historique riche qui mérite d’être découvert.

Ma note finale pour ce roman est de 14/20

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