Retour de lecture pour : Rien que des sorcières, Katherine Quenot

Livre n°4 du défi du PIF

Certains de mes retours de lecture peuvent présenter des éléments d’intrigues.

L’auteur : Katherine Quenot, née en Normandie, vit depuis 25 ans à Paris. Diplômée de psychologie et de psychomotricité, elle se lance dans l’écriture avec le journalisme, une expérience qui l’amène du journal Pilote au Figaro. En 1991 sort son premier roman, Blanc comme la nuit, chez Albin Michel. Il est très vite suivi d’autres livres de « fantastique thriller » comme Rien que des sorcières (1993), Si tu m’aimes (1995), et Momie (1998). En 1994, Katherine Quenot réalise un beau livre avec Guillaume Aretos, qui connaît un incomparable succès : Le livre secret des sorcières..

4e de couv : Sorcières ! Elles se font un festin des âmes et des corps car leur plus grand souci est de vivre. Et pour vivre il faut renaître. Sans cesse. Par tous les moyens. Depuis des générations, elles sont trois à hanter ce lieu désormais maudit : Ansennes en Picardie.
La première habite dans le reflet des autres, dans un miroir cassé qui s’étoile de rouge et sème la mort. Marie s’y perdra de manière diabolique.
La seconde a soif de larmes. Pour se refaire de chair et d’os, il lui faut un parfum. Existe-t-il senteur plus enivrante que les pleurs d’un enfant ?
La troisième enfin, la plus parfaite, est l’amie des fleurs. Elle a pour nom Daphné. Pourquoi s’est-elle éprise de Véronique si ce n’est pour dérober à cette belle plante le souffle de la vie ?
Trois nouvelles… Trois femmes qui, de l’au-delà, se liguent pour traquer les humains

Retour de lecture : Ah je dis oui, oui et oui, quel bon roman, je me suis régalée de bout en bout, le style est gouteux, riche et varié, à chaque sorcière son style d’écriture, ce qui nous fait voyager dans des univers différents, nous immerge immédiatement dans une atmosphère particulière. L’on pourrait croire qu’il s’agit de trois nouvelles mais non il s’agit de trois mini-récits qui par des ponts jetés tout au long des différentes narrations et par la fin s’amalgament en un roman extrêmement bien tissé.

C’est typiquement le genre de roman où vous sentez dans les lignes la maîtrise de l’auteur sans que cela entrave l’immersion, il s’agit uniquement de se laisser guider.
Les trois univers proposés sont cohérents, très bien menés, les personnages et les lieux décris de façon si réaliste qu’on s’y croirait, les personnages secondaires ont leur importance et une psychologie fouillée, rien n’est laissé au hasard, c’est juste, rythmé, mesuré, cadencé, j’adore…
L’auteure ne s’est pas contentée de nous raconter l’histoire de trois sorcières mais de trois sorcières différentes d’autres « sorcières », sans dévoiler le récit, ce qui serait un outrage au plaisir que ce roman promet, la base est originale, le récit nous propose des intrigues qu’on ne voit pas ou ne lit pas tous les jours. Ce roman a la saveur d’un nouveau plat dont vous tomberiez amoureux à la première bouchée et que vous dégusteriez jusque dans la moindre saveur jusqu’à la dernière léchouille de l’assiette.

L’écriture de Katherine Quenot me rappelle le style de la très talentueuse Hilda Alonso (voire ici ou ici) dans sa précision et sa façon de construire des univers millimétrés…
Je suis vraiment tombée sous le charme de cette écriture habitée, visuelle, métaphorique à souhait, c’était mon premier roman de cette auteure mais pas le dernier assurément.

J’ai pris tellement de plaisir à lire ce roman que ma note est un coup de coeur.

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