Retour de lecture pour : Demain les chats, Bernard Werber

Certains de mes retours de lecture peuvent présenter des éléments d’intrigues.

L’auteur
Après des études de droit et de criminologie à Toulouse, Bernard Werber entre à l’École supérieure de journalisme de Paris. Il fait ses premières armes dans un journal de Cambrai aux rubriques « chiens écrasés », météo, mariages et cérémonies en tout genre, avant de gagner le prix de la fondation News du meilleur jeune reporter qui lui permet de financer son premier vrai grand reportage. Sujet : les redoutables fourmis magnans de Côte-d’Ivoire. A son retour, il devient pigiste (L’Événement, Le Point, VSD…), puis journaliste scientifique au Nouvel Observateur où il reste 7 ans.
Son enquête sur les magnans va lui inspirer son premier roman, Les Fourmis, qui connaît dès sa sortie en 1991, un succès immédiat, en France et dans le monde, notamment en Corée et en Russie. Succès qui ira croissant au fur et à mesure de la parution de ses livres (près d’une vingtaine : romans, nouvelles, pièce de théâtre…).
Les livres de Bernard Werber sont traduits dans une trentaine de langues.


4e de couv
Pour nous une seule histoire existait : celle de l’Humanité. Mais il y a eu LA rencontre.
Et eux, les chats, ont changé à jamais notre destinée.


Retour de lecture
Werber est l’un des auteurs que j’ai le plus lu et apprécié, je n’ai pourtant pas réussi à finir le dernier livre que j’ai lu de lui à savoir Le sixième sommeil, avec ce roman-ci j’avais envie de me réconcilier avec lui, il y a avait donc une attente certaine en prenant cet ouvrage en main.

On découvre un roman à la première personne, un univers raconté par une chatte prénommée Bastet. Sa vision du monde des humains et des autres espèces offre bien sûr la voie à un humour certain. J’ai pourtant eu du mal à rentrer dans ce roman, le rythme de départ étant assez lent. Une fois que l’action s’accélère, on retrouve le talent de l’auteur à nous faire tourner les pages cependant j’avoue avoir trouvé plus d’une fois l’évolution de l’intrigue cousue de fil blanc.  Il y a également pas mal de répétitions qui alourdissent l’ensemble.

Les personnages sont juste assez fouillés pour tenir l’intrigue, ce que je trouve dommage, la profondeur semble de fait assez artificielle parce que trop justifiée, rien ne sort du cadre de ce qui sert l’histoire. De plus, j’aurai apprécié que des personnages secondaires comme Hannibal, Cambyse ou Patricia soient approfondis pour enrichir la texture du récit.

« Le terrorisme. La guerre… Les humains ont désormais le pouvoir de détruire massivement et rapidement. Ce qui se passe actuellement révèle qu’ils sont comme toi face à ta première rencontre dans le miroir : ils veulent anéantir ce qui est similaire. N’ayant plus d’adversaires, ils ont retourné leur agressivité contre eux-mêmes. »

Les passages historiques sont intéressants, les présenter du point de vue des chats permet de donner une dimension nouvelle à l’univers félin, c’est l’un des atouts du roman,  nos héros à quatre pattes se trouvent légitimés dans leurs différentes quêtes en leur offrant, à leur mesure, une place dans l’histoire avec un grand H.

« Je pense qu’aucune espèce animale n’a d’ordres à donner à une autre espèce. La terre appartient de manière équitable à toutes les formes de vie, animale ou végétale qui la recouvrent. Et aucune espèce n’a objectivement le droit de se déclarer « au-dessus des autres »Ton âme a choisi précisément ce monde et cette vie afin d’accomplir des expériences qui vont te permettre d’évoluer. »

Werber sait magner les pivots émotionnels et psychologiques et c’est peut-être la seule chose qui m’a fait garder le livre en main en fin de compte, non pas que ce livre soit moins bon qu’un autre de lui, mais force est de constater que la magie de Werber n’agit plus autant qu’avant sur moi. Peut-être est-ce l’âge, peut-être que j’attends autre chose ou peut-être que les recettes qui ont fait son succès perdent leur magie à force de répétition…

« Quoi qu’il m’arrive, c’est pour mon bien.
Cet espace-temps est la dimension que mon esprit a choisi pour s’incarner.
Mes amours et mes amis me permettent de connaître ma capacité d’aimer.
Mes ennemis et les obstacles qui se dressent sur mon chemin servent à vérifier ma capacité de résistance et de combat.
Mes problèmes me permettent de mieux me connaître.
J’ai choisi ma planète.
J’ai choisi mon pays.
J’ai choisi mon époque.
J’ai choisi mes parents.
J’ai choisi mon corps.
Dès le moment où je prends conscience que ce qui m’entoure est issu de mon propre désir, je ne peux plus me plaindre, je ne peux plus avoir de sentiment d’injustice.
Je ne peux plus me sentir incompris.
Je ne peux qu’essayer de percevoir pourquoi mon âme a besoin de ces épreuves précises pour avancer. »

C’est, néanmoins, un agréable moment de lecture, un livre à citations comme l’auteur sait en faire, une fiction philosophique où l’on retrouve humanisme et spiritualité, autant d’éléments que j’aime dans une lecture et pourtant… Et pourtant, je n’ai pas su retrouver le plaisir du génie que j’ai découvert dans Les Thanatonautes ou Le livre du voyage

Ma note finale est 13/20

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