Retour de lecture pour : Salem, Stephen King

Certains de mes retours de lecture peuvent présenter des éléments d’intrigues.

L’auteur
Stephen King est l’auteur de plus de cinquante livres, tous best-sellers d’entre eux à travers le monde. Parmi ses plus récentes sont les romans La Tour Sombre, Cell, Du Hearts Buick 8, Everything’s Eventual, en Atlantide, La Petite Fille qui aimait Tom Gordon, et Sac d’os. Son livre documentaire acclamé, sur l’écriture, a également été un best-seller. Il est le récipiendaire de la Médaille nationale de 2003 Réservez Fondation pour contribution exceptionnelle aux lettres américaines. Il vit à Bangor, Maine, avec son épouse, la romancière Tabitha King.


4e de couv
Le Maine, 1970. Ben Mears revient à Salem et s’installe à Marsten House, inhabitée depuis la mort tragique de ses propriétaires, vingt-cinq ans auparavant. Mais, très vite, il doit se rendre à l’évidence : il se passe des choses étranges dans cette petite bourgade. Un chien est immolé, un enfant disparaît, et l’horreur s’infiltre, se répand, aussi inéluctable que la nuit qui descend sur Salem.


Retour de lecture
Je suis une grande fan de Stephen King mais cela faisait un moment que je n’avais remis le nez dans un de ses romans. Avec Salem, la retrouvaille est mitigée.

Dans ce roman, j’aime la montée crescendo de l’étrange, l’ambiance angoissante qui arrive par touche successive, la temporalité courte et sèche aide à cette montée de stress à la lecture.

« Je pense qu’il est relativement facile pour les gens de reconnaître l’existence de phénomènes tels que la télépathie ou la voyance parce que ça ne leur coûte rien. Ce n’est pas ça qui les empêchera de dormir. Mais l’idée que le mal que font les hommes continue à vivre après eux est beaucoup plus troublante.

Par dessus tout, j’adore cette façon de traiter les personnages tant dans l’essentiel que dans le superficiel, les portraits ne sont pas dessinés uniquement pour les besoins de l’intrigue cela rend les personnages plus authentiques et plus attachants. Les montrer dans leur vulnérabilité autant que dans leur force, dans leur quotidien ainsi que dans leur petites manies… Les personnages sont nombreux, riches, variés, utiles ou pas mais ils font partie d’un tout qui se dessine sous la plume de l’auteur…

« L’Eglise se trouve effectivement, depuis le début du siècle, devant un phénomène nouveau : la désacralisation du mal. Notre vieux diable cornu, avec sa longue queue et ses pieds fourchus, n’a plus cours. On lui a substitué une interprétation psychanalytique des phénomènes. Le mal, d’après l’Evangile selon Saint Sigmund, n’aurait plus rien à voir avec le serpent tentateur du jardin, malgré ce que cette image peut avoir de freudien ; ce serait plutôt un gigantesque composé de pulsions individuelles et collectives, le subconscient de l’humanité en quelque sorte.

Pourtant dans ce roman, j’ai trouvé de trop nombreux raccourcis au niveau de l’intrigue, des facilités qui décrédibilisent la terreur inspirée à certains personnages, trop facilement convaincus ou trop dociles dans certaines actions appuyant les protagonistes principaux… J’ai trouvé que cela nuisait à l’ambiance de certains passages…

La temporalité, sur la fin, se ralentit trop à mon goût, alors que le dénouement devrait s’accélérer sous une pression certaine de l’intrigue, elle s’allonge, s’étire donnant cette impression de long couloir temporel refusant de voir la fin arriver…

« Durant l’automne, c’est ainsi que la nuit tombe sur Salem ; le soleil cesse de réchauffer l’atmosphère ; la fraîcheur de l’air vous rappelle que l’hiver est proche et qu’il sera long. De fins nuages apparaissent à l’horizon et les ombres s’allongent. Elles ne sont pas larges comme en été ; il n’y a pas de feuilles sur les arbres ni de gros nuages dans le ciel pour leur donner de l’épaisseur. Ce sont des ombres maigres, avides, qui mordent la terre comme des dents.

L’ensemble reste malgré tout très distrayant, le thème du vampire est traité de façon conventionnelle mais les héros ordinaires aux actions extraordinaires laissent le lecteur accroché à l’intrigue… Du bon Stephen King qui, sans être le meilleur, n’est pas le plus mauvais non plus, on y retrouve un univers obscur collant comme du goudron comme il sait en créer…

Ma note finale est 14/20

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