Retour de lecture pour : Le clan des Otori, Tome 2 : les neiges de l’exil, Lian Hearn

Certains de mes retours de lecture peuvent présenter des éléments d’intrigues.


Retour de lecture : 

J’avais très hâte de débuter ce deuxième volume vu la qualité du premier et je n’ai pas été déçue, il répond à toutes les promesses.

On a ici un tome qui présente une évolution plus lente et en alternance de nos deux héros principaux Takeo et Kaede, une évolution en profondeur ou, plutôt, une révolution en profondeur. Chacun de nos deux protagonistes vont évolués séparément, profondément, ils vont être amenés à  trouver leur véritable identité et le but de leur vie.

« – Araï peut-il empêcher la venue du printemps ? Peut-il interdire à la neige de fondre à la belle saison ?
– Les hommes aiment à penser qu’ils en sont capables. Pour parvenir à leurs fins, les femmes doivent flatter cette illusion et non la combattre.

Bien que la temporalité soit plutôt lente, on suit avec plaisir ce tome bien plus émotionnel et psychologique car il nous permet de nous attacher encore davantage aux personnages.  Et on s’attache bel et bien à ces deux rebelles qui ne trouvent pas leur place dans un monde formaté et qui ne cherche qu’à les faire rentrer dans le moule. Ce volume est un hymne à la liberté et à l’égalité.

J’apprécie tout particulièrement cet homme capable de sensibilité et d’empathie et cette femme capable de rigidité et de combativité, on a ici des personnages complexes qui sortent des stéréotypes des romans sur le Japon médiéval, c’est bien ce qui fait en grande partie l’intérêt de cette saga. L’ambivalence de ces protagonistes qui ont une nature profonde qu’il doivent cacher ou travestir puis afficher à la face du monde est le sel de ce roman.

Le décor est toujours autant posé avec soin, l’auteure nous enchante avec une écriture poétique et réaliste. Il se dégage de ce Japon médiéval, un romantisme teinté de tragique, nous faisant toujours oscillé entre brutalité et beauté. On sent, derrière le récit, le travail de recherche minutieux qu’il a fallu entreprendre pour décrire les codes sociaux, les modes de vie de l’époque et créer un contexte plausible et cohérent au récit.

« Sire Shigeru me l’avait déjà dit, le lendemain du jour où il m’avait sauvé la vie à Mino : « La mort vient sans prévenir et la vie est fragile et éphémère. Personne ne peut rien y changer, que ce soit par des prières ou des formules magiques. » C’était la fragilité de la vie qui la rendait si précieuse. Notre bonheur était d’autant plus intense que nous le savions menacé.

Finalement , il y a peu à reprocher à ce tome 2. On peut regretter une certaine prévisibilité dans la trame du récit mais curieusement ça ne gâte rien… Je suis assez impatiente de voir comment l’auteure va faire évoluer ses protagonistes dans les tomes ultérieurs car il sera d’autant plus facile de tomber dans le cliché.

Nous avons donc un tome qui maintient l’intérêt pour la saga. C’est toujours le risque avec les tomes transitionnels de voir l’intrigue s’essouffler mais, ici, il n’en est rien. On croque ce livre en un rien de temps et l’on ne demande qu’à continuer…

J’ai hâte de lire la suite, ma note finale est donc de 14/20

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Pour aller plus loin…

4e de couv. : Takeo, désormais héritier du puissant Clan des Otori, s’est engagé à rejoindre les rangs criminels de la Tribu, reniant ainsi son éducation pacifique, abandonnant ce qui lui revient de droit, territoire, fortune et pouvoir, renonçant aussi à son amour pour Kaede. Mais la Tribu peut-elle éloigner Takeo de son destin ? Le chemin qu’il choisit le conduira au cœur des montagnes glacées du Pays du Milieu…


L’auteur : Lian Hearn est le pseudonyme d’un auteur pour la jeunesse célèbre en Australie où elle vit avec son mari et leurs trois enfants.Elle est diplômée en littérature de l’université d’Oxford et a travaillé comme critique de cinéma et éditeur d’art à Londres, avant de s’installer en Australie. Son intérêt de toujours pour la civilisation et la poésie japonaises, pour le japonais qu’elle a appris, a trouvé son apogée dans l’écriture du Clan des Otori. Elle y dépeint un univers imaginaire nourri d’alliances secrètes, de guerres, de clans, d’honneur exacerbé, d’amour, de désir et de courage.

Elle a choisi l’anonymat pour que le premier roman de sa saga, « Le Silence du Rossignol », soit jugé pour lui-même et non en fonction de ses précédentes œuvres pour la jeunesse dont le style était radicalement différent. Elle estime également que l’attention doit être portée sur le livre plutôt que sur l’auteur. La publicité l’a par ailleurs toujours mise mal à l’aise.En juin 2002, quelques temps après que les éditeurs de nombreux pays eurent accueilli à bras ouverts le livre et que les droits cinématographiques eurent été achetés, Gillian Rubinstein admit qu’elle en était l’auteur. Gillian Rubinstein a choisi son pseudonyme en combinant son surnom d’enfance (les dernières lettres de Gillian) et le nom de famille d’un auteur irlandais ayant vécu au Japon à la fin du XIXe siècle, Lafcadio Hearn.


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