Retour de lecture pour : Le livre des crânes, Robert Silverberg

Certains de mes retours de lecture peuvent présenter des éléments d’intrigues.


Retour de lecture : 

Voilà un roman particulier. Il est loin d’être ce à quoi je m’attendais… Nous suivons ici quatre jeunes hommes en quête d’immortalité. On suit, par alternance de chapitre, les différentes pensées des uns et des autres. Le langage est vulgaire et même parfois obscène… Il faut aimer. Ce n’est pas ce que je préfère mais il faut bien dire que ce n’est pas gratuit, ça sert bien entendu les personnages, leur histoire et leur complexité.

Dès le début, et si tous les quatre sont volontaires pour cette quête, il est très intéressant de constater qu’ils n’ont pas tous les motivations que l’on peut imaginer.

« La partie la plus fascinante, la plus esthétiquement excitante pour moi, c’est que deux d’entre nous doivent périr pour que les deux qui restent soient exemptés du fardeau de leur mortalité.

C’est finalement un roman bien plus psychologique que de terreur mais cela n’en enlève pas moins l’intérêt qu’il peut avoir. Le traitement psychologique et émotionnel des protagonistes est très bien présenté et intelligemment pensé. Le passage d’une pensée à une autre fait que le roman se dévore rapidement…

L’immortalité est traitée de façon intéressante, originale et reliée à des mythes qui la rendent plausible. Mais si elle est le thème central du livre en apparence, c’est finalement trompeur, elle n’est qu’une excuse pour plongée dans la psyché des quatre protagonistes.

« Il ne reste plus de mystère dans notre vie moderne. La génération scientifique a tout tué. La purge rationaliste, faisant la chasse à l’invraisemblable et à l’inexplicable. Voyez comme la religion est devenue creuse au cours des cent dernières années. « Dieu est mort », disent-ils. Ca pour sûr :  tué, assassiné.

J’ai tout de même deux gros bémols concernant ce roman… Le premier c’est que si vous possédez un brin de psychologie, le final est cousu de fil blanc on sait très tôt, voir presque quasiment de suite qui va mourir et comment… La lecture reste intéressante mais il n’y a finalement pas de suspense…

Le deuxième énorme bémol, c’est le traitement des femmes dans ce roman… Je n’ai rien contre un roman qui soit majoritairement masculin, cependant je m’interroge sur l’intérêt de présenter les femmes uniquement comme des trous dans ce roman (oui c’est vulgaire mais comment le présenter autrement ?), qu’elles soient présentées d’un point de vue misogyne pour valider un caractère, un comportement, soit … Mais ici en quoi cela sert-il l’intégralité de l’histoire, de tous les protagonistes, de l »immortalité ? En rien… La justification serait présente pour, disons, maximum trois des quatre héros, mais pourquoi les quatre plus les frères ???

C’est très dommage finalement que ces deux bémols viennent entacher un roman qui brille par son originalité, ne serait-ce que si les femmes étaient présentées de façon plus correcte, ce livre aurait fait un bond dans mon classement… je n’ai rien contre les éléments négatifs qui servent une histoire, une trame, un but, je n’ai, par contre, aucune pitié lorsque c’est gratuit… et, ici, malheureusement (et ça me met presque en colère parce que la base est brillante) ce n’est pas le cas…
Rien que pour cela…  ma note finale est de 11/20

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Pour aller plus loin…

4e de couv. : Ils sont quatre :
Timothy, 22 ans, riche, jouisseur, dominateur.
Oliver, 21 ans, beau, athétique, bloc lisse à la faille secrète.
Ned, 21 ans, homosexuel, amoral, poète à ses heures.
Eli, 20 ans juif, introverti, philologue, découvreur du Livre des Crânes.

Tous partis en quête du secret de l’immortalité : celle promise par le Livre des Crânes. Au terme de cette quête, une épreuve initiatique terrible qui amènera chacun d’eux à contempler en face le rictus de son propre visage. Une épreuve au cours de laquelle deux d’entre eux doivent trouver la mot (l’un assassiné par un de ses compagnons, l’autre suicidé) et les deux autres survivre à jamais.


L’auteur : Né en 1935 à New York, Robert Silverberg a publié sa première nouvelle à l’âge de dix-huit ans et son premier roman, Révolte sur Alpha C, à dix-neuf ans à peine. Il n’a cessé d’écrire depuis. Le Cycle de Mujipoor, paru tout au long des années 1980 et 1990, est son œuvre la plus célèbre. Il a reçu en 2004, pour l’ensemble de son œuvre, le titre de Grand Maître de la science-fiction, la plus haute distinction honorifique du domaine, décerné par l’Association des auteurs américains de science-fiction.


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