Retour de lecture pour : Les âmes croisées, Pierre Bottero

Certains de mes retours de lecture peuvent présenter des éléments d’intrigues.


Retour de lecture : 

Ceci est le cinquième livre lu dans le cadre du PIF 2019.

Il s’agit de mon premier Bottero et je vais certainement me faire conspuer. Je vais commencer d’emblée en disant que j’ai aimé, il y a un merveilleux potentiel dans ce roman mais je ne l’ai pas trouvé abouti. J’ai essayé de trouver des raisons, il n’y en a qu’une qui me vient, le sentiment d’inachevé et cela n’a rien à voir avec le fait que l’on devine qu’il était prévu une suite.

L’écriture est fluide, stylisée, entièrement dédiée à valoriser l’action ou les émotions, c’est un roman qui se lit bien et vite. L’histoire est bien structurée et même si on retrouve ici une lutte des castes sociales maintes fois utilisées, il y a une réelle originalité dans le traitement.
A quelques exceptions prêts, il n’y a quasiment pas de suspense, tout est prévisible, l’action est bien composée mais laisse trop vite entrevoir la suite… Si cela prive le lecteur d’un frémissement supplémentaire, il n’en demeure pas moins que l’on garde le livre en main.

« Vivre, c’est se mettre en danger, réalisa-t-elle. De la même façon qu’apprendre à marcher c’est d’abord accepter l’idée de tomber.

Les personnages sont variés et servent l’intrigue mais, malheureusement, ils ne sont pas assez creusés… On effleure l’émotionnel, on effleure le psychologique, on effleure la richesse de leur histoire personnelle… Même chez Nawel, qui est le personnage principal, ses émotions et sa psychologie sont convenues. Quant aux autres protagonistes et bien ils auraient fait de fabuleux personnages complexes à explorer, à développer, mais non, l’auteur est resté en surface…

Mais alors qu’est-ce que j’ai aimé me demanderez-vous ? J’ai aimé la façon dont la magie et la technologie se mélangent dans ce livre, j’ai adoré la caste des armures et la descriptions des entraînements et des équipements. J’ai grandement apprécié la cité de la des anciens, le mystère qui plane au-dessus de sa chute, de même les créatures sont intéressantes et cette histoire de porte qui laisse passer des dangers n’est pas sans rappeler de grands noms de la littérature terrifique.

« Dire.
Dire ce qu’on meurt d’envie de dire.
Dire ce qu’on a besoin de dire. Besoin vital. Terrifiant.
Dire ce qu’on ignore avoir envie ou besoin de dire.
Dire pour comprendre, nettoyer, guérir, avancer.
Mais est-ce que dire suffit ?

La trame de ce roman est captivante, néanmoins, j’ai trouvé que l’action allait trop vite, que des éléments importants étaient expédiés, ni plus ni moins, trop de surfaçage sur les personnages, les émotions, la psychologie, les bagages personnels des protagonistes, pas assez de contexte en dehors des deux cités principales. On a le sentiment d’une fuite vers l’avant…

Bien sûr, il se dégage tout de même une sagesse et une morale dans ce roman pour qui veut bien les accueillir mais c’est d’autant plus frustrant quand la narration expédie des éléments au lieu de les approfondir…

« -« La vie est un chemin qui se parcourt dans un seul sens », m’a dit Sylia la seule fois où nous nous sommes disputés. La reprendre à zéro est impossible. On peut choisir sa destination, réfléchir quand on arrive à une intersection, ralentir, accélérer, décider de ne plus refaire les mêmes erreurs, on ne revient jamais en arrière.

Etant une oeuvre posthume, je ne sais pas si l’auteur a réellement terminé ce roman ou bien si il comptait le retravailler. En cherchant un peu, j’ai trouvé que ce roman devait être un trait d’union entre ses différentes oeuvres mais ne connaissant pas encore ses autres productions, je me garderai bien d’émettre un avis, je peux seulement dire ce que j’ai ressenti à la lecture du roman.

Je vais lire ses autres ouvrages, peut-être serai-je moins sévère après coup, pour le moment je trouve ce roman frustrant car il m’apparaît être d’une potentialité extraordinaire mais totalement inachevé.

Ma note finale est donc de 15/20, cette note ne reposant que sur les éléments positifs mais, plus peaufiné, il aurait été un coup de coeur sans nul doute…

Disponible ici

Pour aller plus loin…

4e de couv. : Nawel Hélianthas vit à Jurilan, le royaume des douze cités. A dix-sept ans, elle est une jeune adolescente riche, prétentieuse et exigeante. Aspirante comme ses amis Philla et Ergaïl, elle doit choisir la caste correspondant à ses aspirations profondes pour le reste de sa vie. Tout indique qu’elle entrera, selon le désir de ses parents, chez les prestigieuses Robes Mages. Mais Nawel s’interroge sur la voie qu’elle doit suivre. Et après avoir provoqué involontairement la mort d’une jeune femme et de son bébé, elle opte pour la mystérieuse caste des Armures…


L’auteur : Pierre Bottero est né en 1964. Il a longtemps exercé le métier d’instituteur. Grand amateur de littérature fantastique, convaincu du pouvoir de l’Imagination et des Mots, il a toujours rêvé d’univers différents, de dragons et de magie. « Enfant, je rêvais d’étourdissantes aventures fourmillantes de dangers mais je n’arrivais pas à trouver la porte d’entrée vers un monde parallèle ! J’ai fini par me convaincre qu’elle n’existait pas. J’ai grandi, vieilli, et je me suis contenté d’un monde classique… jusqu’au jour où j’ai commencé à écrire des romans. Un parfum d’aventure s’est alors glissé dans ma vie. De drôles de couleurs, d’étonnantes créatures, des villes étranges… J’avais trouvé la porte. » Pierre Bottero est mort le 8 novembre 2009 dans un accident de moto.


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