Retour de lecture pour : La passe-miroir Tome 2 : Les disparus du Clairdelune, Christelle Dabos

Certains de mes retours de lecture peuvent présenter des éléments d’intrigues.


Retour de lecture : 

Ceci est le huitième livre lu dans le cadre du PIF 2019.

Voilà un deuxième tome excellent qui tient ses promesses. Loin de s’essouffler comme parfois les tomes deux ont tendance à le faire, celui nous propose de l’action en cascade qui donne le rythme et entraîne les personnages principaux dans un tumulte qui les force à s’adapter.
J’ai dévoré ce livre en une journée, 665 pages qui se croquent comme une friandise.

La plume de l’autrice est toujours impeccable, elle soutient véritablement la narration et véhicule des émotions et des sensations. L’univers mis en scène ici creuse encore davantage celui proposé dans le tome 1, c’est un régal de découvrir la cour et ses dessous.

On apprend à connaître les personnages principaux et secondaires toujours davantage.. Les protagonistes sont fouillés et ne se livrent pas d’emblée, leur complexité se décode pas à pas et fait d’eux non seulement des personnages denses mais attachants même dans leurs parts d’obscurité car les tenants psychologiques et émotionnels sont traités de main de maître. J’ai beaucoup aimé notamment l’esprit de famille qui ne cesse d’osciller entre sa puissance et sa fragilité.

« Si Ophélie avait retenu une chose dans la vie, c’était que les erreurs étaient indispensables pour se construire.

J’ai beaucoup aimé l’évolution de l’histoire entre Ophélie et Thorn, pour une fois qu’une histoire d’amour n’est pas traitée à la Disney où la jeune femme se jette tête baissée dans les bras du grand ténébreux sur un clignement d’oeil, c’est rafraîchissant. L’autrice explore réellement la complexité des sentiments et la difficulté à mettre un mot sur une émotion, le cheminement parfois longs et les détails qui font que l’on peut s’attacher à quelqu’un contre toute attente. L’arrivée de la famille d’Ophélie ajoute un brouhaha agréablement décalé à l’histoire et ajoute une touche d’humour et de légèreté dans une trame qui noircit à vue d’oeil.

Finalement, le seul reproche que je ferai à ce tome est le même que dans le premier, on trouve trop rapidement qui sont les personnages qui tirent les ficelles ce qui retire un suspense certain. Le talent de l’autrice est tel que bien sûr ça n’enlève rien à l’intérêt du livre mais ça serait encore mieux de ménager un espace de questionnement plus important pour le lecteur…

« Vous étiez aussi un Passe miroir, papa. Pourquoi avez-vous arrêté ? Vous ne me l’avez jamais dit.
Oh, ce n’était pas vraiment un choix, chuchota-t-il avec une sorte de pudeur. Plutôt… comment t’expliquer… un changement de regard. On grandit, et puis on vieillit, et voilà, du jour au lendemain, on est définitivement fâché avec son miroir.

Me voilà encore une fois séduite par ce tome qui ne fait que renforcer l’attrait de cette saga. Christelle Dabos a réellement une plume fine, travaillée et qui soutient la narration tel un pilier central. C’est assez rare de trouver une telle cohérence dans le moindre détail chez les auteurs contemporains a fortiori sur des tomes aussi longs. C’est brillant !

Ma note finale est donc de 16/20 pour ce deuxième tome.

Retour de lecture pour le tome 3

Disponible ici

Pour aller plus loin…

4e de couv. : Fraîchement promue vice-conteuse, Ophélie découvre à ses dépens les haines et les complots qui couvent sous les plafonds dorés de la Citacielle. Dans cette situation toujours périlleuse, pourra-t-elle compter sur Thorn, son énigmatique fiancé ? Et que signifient les mystérieuses disparitions des personnalités influentes à la cour ? Ophélie se retrouve impliquée malgré elle dans une enquête qui l’entraînera au-delà des illusions du Pôle, au coeur d’une redoutable vérité.


L’autrice : Christelle Dabos est née en 1980 sur la Côte d’Azur. Elle commence à gribouiller ses premiers textes sur les bancs de la faculté et se destine à être bibliothécaire quand la maladie survient. L’écriture devient alors une seconde nature, notamment au sein de Plume d’Argent, une communauté d’auteurs sur Internet. Elle décide de relever son premier défi littéraire grâce à leurs encouragements et devient ainsi la grande lauréate du Concours du premier roman jeunesse. Christelle Dabos vit en Belgique.


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