Retour de lecture pour : La passe-miroir Tome 3 : La mémoire de Babel, Christelle Dabos

Certains de mes retours de lecture peuvent présenter des éléments d’intrigues.


Retour de lecture : 

Ceci est le neuvième livre lu dans le cadre du PIF 2019.

Voilà un troisième tome pour le moins dépaysant. Si les premier et deuxième tomes nous ont présenté deux arches tout en ne faisant qu’évoquer les autres, cette fois-ci nous en découvrons une troisième totalement différente.

Ophélie ne savait pas quelle perspective était la plus effrayante. Un monde gouverné par Dieu ou un monde gouverné par des hommes se prenant pour Dieu.

Le talent de l’autrice fait que le lecteur se sent aussi dépaysé et perdu dans ce nouveau monde qu’Ophélie peut l’être. Nous découvrons de nouveaux esprits de famille, de nouvelles coutumes et une nouvelle société.

Une fois de plus, Christelle Dabos montre son talent à créer des univers complexes, fouillés dans les moindres détails. Si le rythme est plus lent que dans le tome 2 puisqu’il s’agit pour l’héroïne principale d’entrer dans un système étape par étape avec les doutes et les déroutes qui vont avec, la narration avance à un rythme régulier et l’intrigue se tisse page après page.

Les personnages nouveaux sont tout aussi complexes que dans les précédents tomes, bien que moins nombreux, ils offrent un panel de personnalités et de capacités variées très intéressantes.
De façon sporadique et à travers la voix de la fille de Bérénilde, nous avons des nouvelles du Pole, cela entretien l’intérêt du lecteur nostalgique et met en place un savant puzzle au niveau de l’intrigue.

J’ai passé ma vie entière à être neutre, éducation oblige, et, s’il y a bien une leçon que j’ai retenue, c’est que « neutralité » est une jolie façon de dire « lâcheté ».

Ophélie qui ne s’était jamais complètement retrouvée seule devient un personnage en construction, obligée de faire éclater ses certitudes pour mieux se découvrir elle-même, en dehors de tout protectorat, c’est un tome initiatique pour notre héroïne et ça fonctionne.
Sans m’étendre pour ne pas dévoiler des éléments de l’intrigue, le traitement de Thorn dans ce volume est juste millimétré, tout en fractures, pudeur et retenue. Il est de ces héros brutalisés par la vie qui sont sublimes dans leur imperfection mais, je ne suis pas impartiale, j’adore les personnages fracassés.

Mention spéciale à l’écharpe, c’est du génie d’avoir réussi à faire d’un objet un des personnages importants de la saga, à la fois double émotionnel d’Ophélie et animal de compagnie, son absence créé un manque, sa présence enrichie l’histoire… La montre de Thorn prend de plus en plus ce rôle également, c’est tout simplement brillant d’arriver à susciter autant d’attachement à des objets communs.

Pour ce qui est de ce nouveau monde, j’ai adoré ce portait sans concession comme dans les deux premiers tomes, on retrouve une critique sous jacente du culte des apparences et des institutions dans les codes sociétaux décrits, c’est un sujet à réflexion que j’apprécie particulièrement.

– Certains humains sont des objets de leur vivant, Miss Eulalie.

Le final bien sûr apporte ce que de nombreux lecteurs attendaient et ouvre sur une suite bien mystérieuse qui promet de nombreuses aventures… Au final, nous avons ici un excellent tome et si dans les deux précédents j’avais un peu tiqué sur la prévisibilité des évènements et sur l’identité trop facilement découverte des auteurs d’intrigues, je me suis agréablement laissée surprendre ici.

J’ai hâte de découvrir la suite, la gageure de l’autrice sera de maintenir le niveau, ça ne va pas être une mince affaire…

Ma note finale est donc de 17/20.

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Pour aller plus loin…

4e de couv. : Deux ans et sept mois qu’Ophélie se morfond sur son arche d’Anima. Aujourd’hui, il lui faut agir, exploiter ce qu’elle a appris à la lecture du Livre de Farouk et les bribes d’information divulguées par Dieu. Sous une fausse identité, Ophélie rejoint Babel, arche cosmopolite et joyau de modernité. Ses talents de liseuse suffiront-ils à déjouer les pièges d’adversaires toujours plus redoutables ? A-t-elle la moindre chance de retrouver la trace de Thorn ?


L’autrice : Christelle Dabos est née en 1980 sur la Côte d’Azur. Elle commence à gribouiller ses premiers textes sur les bancs de la faculté et se destine à être bibliothécaire quand la maladie survient. L’écriture devient alors une seconde nature, notamment au sein de Plume d’Argent, une communauté d’auteurs sur Internet. Elle décide de relever son premier défi littéraire grâce à leurs encouragements et devient ainsi la grande lauréate du Concours du premier roman jeunesse. Christelle Dabos vit en Belgique.


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