Retour de lecture pour : La malédiction des anges, Danielle Trussoni

Certains de mes retours de lecture peuvent présenter des éléments d’intrigues.


Retour de lecture : 

Voilà un roman bien sympathique qui relève plus du polar ésotérique que du terreur, en tout cas pour ce premier volume.

Il y a finalement peu d’action dans ce roman qui fait tout de même 660 pages, cela peut surprendre quand arrivé vers les 200 pages on attend encore du concret… Ce n’est pourtant pas, à mon sens, un obstacle.
C’est un roman à tiroir, il propose pas mal de récits dans le récit avec des régressions temporelles tout à fait justifiées à l’aide de souvenirs, de lettres, de journaux, etc. Sans être aussi brillamment fait que dans La Malédiction des Pharaons de Tom Holland, qui surpasse tout ce que je peux connaitre dans le style, ça fonctionne très bien. Les incursions dans le passé sont assez longues mais bien délimitées de façon à ce qu’on ne se perd pas entre les différentes périodes.

Le style d’écriture s’adapte plutôt bien aux digressions temporelles, tantôt moderne, tantôt romantique et plus riche, jusqu’à certains aspects surannés. Le seul bémol que je retiens sont les redites trop nombreuses de certains éléments du passé…

– Les anges restés sur terre étaient extraordinaires à bien des égards, médita-t-elle. J’ai toujours été stupéfiée par leur humanité. Leur désobéissance est l’expression de leur libre arbitre – attribut profondément humain, qui renvoie au piètre jugement d’Adam et Eve dans le jardin d’Eden. Ces anges renégats étaient capables d’une forme d’amour des plus humaines – un amour plein et entier, aveugle, fou. Car ils ont renoncé au Paradis par passion – un choix bien difficile à comprendre, surtout pour vous et moi, qui avons abjuré l’amour charnel.

Les protagonistes sans rarement creusés en profondeur, ils ne sont finalement présentés plus comme des pions, des soldats dont la personnalité importes moins que le talent dans ce grand puzzle angéologique, Célestine est la seule a faire exception. Nous sommes donc guidés par une curiosité de comprendre ce que cache ces personnages énigmatiques, le procédé fonctionne même s’il peut être décevant de ne pas en apprendre beaucoup plus.

Je fais souvent ce reproche mais encore une fois dans ce roman tout est un trop prévisible. La place et les origines d’Evangeline notamment sont hélas trop vite comprises, sans être cousues de fil blanc, on anticipe un peu trop rapidement ce que la fin du roman nous révèle.

Ce que j’ai vraiment préféré dans ce roman, ce sont ces allures de polar ésotérique aux moult références artistiques auxquelles j’ai pris un malin plaisir à me reporter, les références bibliques et l’inclusion de l’histoire du roman dans différentes époques de la grande Histoire de l’humanité. Ce n’est, bien sûr, pas sans faire penser à Dan Brown, cependant ne cherchez pas ici de quête effrénée, nous sommes plus dans la recherche poussiéreuse, méticuleuse et patiente des bibliothèques et des ouvrages anciens…

L’univers n’est resté pur, parfait, intact que vingt secondes. Imaginez ce que pouvait être l’existence pendant ces vingt secondes – une vie sans peur de la mort, sans souffrance, sans doute. Imaginez.

Il faut prendre ce roman pour ce qu’il est, un divertissement agréable qui met les nephilims en questions dans l’histoire de l’humanité et qui a travers un portrait plutôt manichéen de prime abord amorce, du moins le devine-t-on à la fin, une complexité dans les limites entre le bien et le mal.

Pour résumer, un bon moment avec ce roman qui met l’action à la seconde place et nous offre des incursions dans le passé de l’humanité. De l’ordre du polar ésotérique plus que de la terreur, il faudra aimer les mises en abymes du récit et le travail d’enquête pour apprécier ce premier tome. Car, oui, j’ai finalement été le plus déçue par le fait de découvrir qu’il y avait une suite à la toute fin de ma lecture. Je vous encourage donc à prévoir le deuxième tome Angélopolis pour ne pas rester sur votre faim à la dernière page.

Ma note finale est donc de 14/20 pour ce premier tome.

Disponible ici

Pour aller plus loin…

4e de couv. : À l’âge de 12 ans, Évangéline est placée dans un couvent au nord de New York. Elle y apprend jour après jour l’obéissance et la dévotion. Mais à 23 ans, son quotidien est bouleversé par la découverte d’une lettre datée de 1943. Cette missive envoyée il y a plus d’un demi-siècle révèle l’existence d’un conflit vieux de mille ans qui oppose des spécialistes des anges, les angéologues, aux Nephilim, des êtres hybrides nés de l’union de femmes humaines et d’anges déchus. Ces Nephilim, dont la beauté extérieure n’a d’égale que la noirceur d’âme, poursuivent un seul dessein : régner en maîtres sur la Terre. Depuis des siècles, des générations d’angéologues agissent dans l’ombre pour contrecarrer leurs plans et se tenir prêts à les affronter le jour où ils lanceront l’assaut. Ce jour approche…


L’autrice : Après des études d’histoire et d’anglais, Danielle Trussoni s’est spécialisée dans l’écriture. Ses travaux ont été publiés dans de nombreux journaux parmi lesquels : le New York Times Magazine, le Telegraph Magazine ou encore le New York Times Book Review.
Après La Malédiction des anges, traduit dans 32 langues et best-seller du New York TimesAngelopolis, son deuxième ouvrage, paraît chez Fleuve Éditions.


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