Retour de lecture pour : Les Six Cauchemars, Patrick Moran

Certains de mes retours de lecture peuvent présenter des éléments d’intrigues.


Retour de lecture : 

Troisième livre dans le cadre du PIF 2020 et suite de La Crécerelle.

Tout d’abord, je remercie chaleureusement Babelio et  les éditions Mnemos qui m’ont fait confiance en m’envoyant ce livre contre une critique libre et non rémunérée.

Ce volume commence de façon bien plus palpitante que le premier et pour cause, il ne présente pas les personnages principaux comme dans le premier, c’est forcément un atout majeur pour le début du récit. La Crécerelle ne se perd pas dans de longues réflexions métaphysiques contrairement au premier tome où elle était au prise avec son démon, ce qui, là aussi, accélère la narration et laisse place à l’action.

Nous retrouvons une Mémoire affirmée en femme de pouvoir et une Crécerelle à la dérive qui a perdu sa confiance en elle…
Il est évident que l’anti-héroïne du premier roman a fini par gagner l’affection du lecteur (pour ceux qui ont lu le premier tome bien entendu), j’ai suivi sa progression avec grand plaisir et sa relation ambiguë avec Mémoire est toujours aussi intéressante.

Les six cauchemars ainsi que les personnages de Rakk-phal et Volgheer l’Orageux sont tous bien dessinés, avec des profils différents et relativement complexes par rapport à leur nombre et à la brièveté du roman…

On ne survit jamais au souvenir que les gens ont de nous[…]

Dans ce tome, nous n’avons pas d’exagération au niveau du vocabulaire, le style de l’auteur ne s’en porte que mieux, c’est plus naturel, plus fluide et, donc, plus agréable pour le lecture. On trouve ici, un auteur qui a trouvé ses marques entre les codes et les conventions de l’écriture et a réussi à les mélanger à son style et à sa propre identité.

Les scènes d’actions se dévorent tant elles sont bien décrites, c’est dynamique, la thaumaturgie mise en action enrichie le tout sans alourdir ou ralentir la narration. Les pages se tournent vite, ce tome a résolument plus de peps que le précédent et, néanmoins, il bénéficie de la profondeur du premier. J’aurais aimé voir développer certaines pistes comme les fantômes qui rôdent la nuit par exemple mais peut-être dans une future suite ? Qui sait… car la fin est ouverte et permet d’espérer que ces deux tomes ouvre une saga, l’auteur a déployé suffisamment de pistes et de matière pour construire de nouvelles aventures de la Crécerelle, et si telle est le cas je les suivrai bien volontiers.

Donnez la mort, se dit-elle. Quel moyen de se sentir plus vivante ?

Si ce roman peut se lire indépendamment du premier tome, je trouverais dommage de ne pas le lire. Selon moi, ce qui fait le sel de cette suite, c’est d’avoir pris connaissance du bagage des héroïnes, de voir leur progression que ce soit sur le plan émotionnel, psychologique et relationnel, mais aussi de connaître leurs expériences passées et leur parcours, assister à la progression des protagonistes, c’est aussi ce qui fait de ce deuxième tome plus qu’un simple roman de Dark Fantasy…

En conclusion, un très bon roman de Dark Fantasy si on le prend indépendamment, si on considère les deux romans, il s’agit d’une excellente série avec beaucoup de profondeur, des héroïnes qui évoluent de façon intéressante autant sur le plan de la psychologie que de l’émotion. On en viendrait presque à regretter que ce deuxième roman soit si court avec d’excellentes pistes qu’il aurait été sympathique de développer. J’ai passé un excellent moment, je recommande avec la seule réserve de lire le premier pour en apprécier toute la mesure et je vous avoue espérer une suite….

Ma note finale est donc de 14/20

Disponible ici

Pour aller plus loin…

4e de couv. : La Crécerelle est l’assassin la plus redoutée de son temps. Mais lorsque Mémoire – son ancienne amie et membre du Conseil des cités-Etats – la retrouve à la croisée des pistes du désert de Yobanda dans une auberge de caravaniers, la tueuse n’est plus que l’ombre d’elle-même. Mémoire lui propose de tuer cinq mages thaumaturges qui représentent une menace pour la sécurité et la cohésion des cités-Etats. En acceptant, la Crécerelle va replonger dans son passé, et éveiller des fantômes dont elle aurait préféré ne pas se souvenir. Mais Mémoire joue-t-elle vraiment franc-jeu ? Car après tout, la Crécerelle est elle aussi une thaumaturge et, de fait, une menace potentielle pour les cités-Etats. Qui, dans ce cas, est à sa poursuite ? Cinq petits oiseaux tout beaux et tout fiers…


L’ auteur : Patrick Moran est né à Londres en 1981 et a grandi entre la Grande-Bretagne, Hong Kong, la Californie et la France. Universitaire et spécialiste de littérature médiévale, ses recherches portent sur l’imaginaire arthurien, les univers de fiction et l’écriture cyclique.


Des lectures similaires ? Je vous propose :

La Crécerelle de Patrick Moran

Mélusine ou la robe de Saphir de Franz Hellens

Gallica de Henri Loevenbruck