Me Voilà de retour sur mon blog et le nez dans mes livres, les mangas sont la seule chose que j’ai continué à lire dans ma période de fin d’année quelque peu chaotique…Autant dire que ce n’est plus du retard que j’ai… pour ma prochaine vie, je commanderais un double qui passera son temps à lire pendant que l’autre travaillera… ^^
Si je n’ai pas arrêté la lecture, je n’ai pas publié de parenthèse otaku depuis août, au moment je m’apprêtais à le faire, j’ai eu la bonne idée de retarder sa publication pour parler de la pépite Innocent découverte chez Ombre Bones et puis ce fut la bousculade et la nécessaire adaptation des fêtes de fins d’année sans marchés, en conséquence les mangas lus s’empilent et le choix devient cornélien pour savoir desquels je vais prendre le temps de parler… cet article sera donc beaucoup plus long que d’habitude, je m’en excuse par avance…
Je rappelle que je les lis en anglais autant pour entretenir mon niveau d’anglais que pour avoir accès à plus d’œuvres. Celles dont je parle n’ont donc hélas pas toutes de traduction en français à l’heure où j’en parle, en général je précise quand c’est le cas…

Voici ma sélection du jour…


Book Club de Cho Ju Hee
autres titres : Reading club
3 tomes

Résumé : Après avoir été désignée pour nettoyer la bibliothèque oubliée de son lycée, une jeune fille tombe sur un livre suspect. Le simple fait d’ouvrir le livre lui fait voir des horreurs innommables, osera-t-elle en continuer la lecture ? Si elle le fait, elle pourrait trouver quelque chose de plus terrifiant que ce qui est possible d’imaginer…

Mon retour : Vous ai-je déjà dit que j’ai un faible pour les histoires de livres ? C’est ce qui m’a décidé à lire ce manwha. C’est plutôt une belle surprise, je n’avais lu que de mauvaise critiques à son sujet, alors, aujourd’hui, j’ai envie de redorer un peu son blason…
La manhwaga a créée ici une atmosphère certes surnaturelle, certes qui pourrait faire peur, pour ma part ça m’a laissé de glace. Il faut dire que j’ai un problème avec l’horrifique en manga ou manwha autant je frémis avec un bon livre ou un bon film de terreur autant si on me livre le dessin bein non ça marche pas avec mon cerveau… J’ai un bug à ce niveau là…
Objectivement, je serai donc bien incapable de vous dire si ça fait peur mais ce que je peux affirmer par contre c’est que c’est un honorable thriller surnaturel très agréable à lire et à regarder. C’est un manwha pour adultes, il y a des scènes qui peuvent choquer notamment des suicides.
Comme beaucoup de mangas/wha horrifiques le trait est relativement sec, les contrastes très accentués prédominent, l’esthétique est sombre et oppressante…
Les cara design sont très à l’ancienne ce qui contribue à créer un atmosphère surannée et poussiéreuse et ça tombe bien vu la thématique abordée cependant on reconnaît bien la patte coréenne avec notamment de grand yeux expressifs. Côté horrifique vous reconnaîtrez sans doutes des clins d’œil a de grands classiques de l’horreur et des légendes urbaines asiatiques.

L’intrigue tourne autour d’un livre maudit qui ferait mourir tous ceux qui le touche et d’un étrange club de lecture ésotérique aux membres plus douteux les uns que les autres. Le panel de protagonistes est intéressant et variés : le livre, deux étudiants, deux inspecteurs, un scientifique, des personnages périphériques et des revenants à la pelle. Aucun d’entre d’eux n’est ce qu’il semble être et c’est très plaisant de détricoter la pelote que l’autrice a conçu… Habituellement je ne suis pas fan des enquêtes policières ou assimilées mais là j’ai passé un très bon moment et j’ai adoré le twist de fin totalement inattendu. C’est donc un manwha que je recommande chaudement. Il n’a rien d’inoubliable certes mais ce serait dommage de ne pas le découvrir tout de même. Pour vous donner un ordre d’idée, il est à 4/5 dans mon évaluation personnelle.

Malheureusement l’oeuvre de cette autrice passe assez inaperçu, c’est son titre Kitchen qui est le plus connu en Corée du Sud et en France. Je le déplore parce que je ne peux donc pas vous recommander de le lire en français par contre si l’anglais ne vous rebute pas il existe en version papier dans cette langue.


Japan Sink 2020 / Nihon Chinbotsu 2020

Résumé : Peu de temps après Tokyo 2020, un séisme d’une rare gravité touche le Japon, poussant inexorablement le pays vers sa chute. Au milieu du chaos Ayumu et Gou, les enfants de la famille Mutou, commencent à fuir la ville avec leur famille de quatre personnes. Face à la catastrophe, assistant aux dernières heures de l’Archipel, les frères vont devoir affronter des conditions extrêmes et souvent se retrouver à devoir faire des choix cornéliens pour survivre. Mais le plus important pour eux, sera de toujours rester ensemble.

Le succès de l’oeuvre et ses différents formats :  Actuellement diffusé sur Netflix, cet anime diffusé en 10 épisodes est inspiré du roman de science fiction La Submersion du Japon (Nihon Chinbotsu) de Sakyo Komatsu publié en 1973. Ce roman a été publié en France aux éditions Philippe Picquier en 2000 au format poche, je ne le connais pas, il est dans ma wishlist. Toujours est-il qu’il a reçu un prix  « the Seiun Award » pour le meilleur roman japonais en 1974.
Les adaptations sont assez nombreuses, commençons par le cinéma.
La même année que la sortie du roman, 1973 donc, sort la première adaptation cinématographique. Son succès est tel qu’en 1975, une série spin-off sort à la télévision. En 2006, un remake est réalisé par le co-directeur des films Godzilla, Shinji Higuchi

Deux adaptations mangas existent également calquées sur les dates des films. La première classée Seinen date de 2006 par Ishiki Tokihiko (15 tomes) malheureusement la traduction en français a été abandonnée en français après le deuxième tome, on croise les doigts donc pour que l’anime donne un regain d’intérêt suffisant pour reprendre la publication des tomes suivants.
La seconde, qui est pour le moment uniquement disponible en anglais, date de 2019 par Takao Saito (4 tomes).
Je vous invite à lire les deux, elles diffèrent tant par les styles que par les préférences de mises en scènes des auteurs et n’ont vraiment pas grand chose à voir ni entre elles, ni avec l’anime.
Ce dernier, réalisé par le studio d’animation Science SARU a pour particularité de placer son cadre narratif après les JO de 2020 à Tokyo quand le roman lui voit l’ultime catastrophe se produire dans les années 1970. Cinquante ans de modernité modifient forcément l’histoire de base et je vous garantie que justement niveau modernité, elle est belle et bien présente dans le cadre narratif de l’anime à coup de téléphone portable, d’ordinateur, de réseau internet et j’en passe.
Les problématiques du roman tourne davantage sur les conséquences de l’après guerre notamment sur le plan des relations internationales et met au premier plan les réactions du gouvernement et de la société tandis que, dans l’anime, on suit une famille spécifique et les personnes qui croisent leur route, inutile de dire que la version de l’anime est forcément celle qui tablera davantage sur l’émotionnel du spectateur, celle dans laquelle il pourra s’identifier, celle dans laquelle il pourra davantage avoir peur…
Je trouve cependant intéressant de découvrir le roman (ou le manga) car c’est enrichissant de voir quelles étaient les problématiques de la société nippone dans les années 1970, rappelons qu’une oeuvre même de science fiction est porteuse d’une certaine réalité philosophique.
Je vous invite à voir la bande annonce ici.

Mon retour : Voilà un anime à regarder avec une boîte de mouchoir ou la boîte d’anti-dépresseur… Traumatisant, il l’est, une semaine après je ne m’en étais toujours pas remise, pourtant de la catastrophe, du drame, de la mort, de la violence j’en croise dans les mangas, dans mes lectures et clairement j’en ai largement eu ma part dans ma vie… Je travaille dans le développement personnel autant dire que côté gestion des émotions et tout le trala la la bein là aussi je suis assez rodée mais cet anime… ah oui cet anime il tape là où ça fait mal, il tape sur nos peurs primaires, la survie, tout perdre, l’impuissance face au déchaînement de la nature, la soudaineté des catastrophes et des drames…
Depuis le tombeau des lucioles, je crois que je n’avais pas autant bugué émotionnellement sur une oeuvre…J’en ai fait des cauchemars, je ne peux pas vous dire que j’ai pleuré tout de suite, je n’ai pas eu le temps, je me prenais vague après vague dans la tête et je suis restée choquée…

Peut-être que c’est parce que la survie je sais ce que c’est et que ça a ravivé cet instinct en moi… Peut-être que c’est parce que c’est réaliste sur le fond… à la moindre catastrophe naturelle nous ne sommes que des poupées de chiffon bien fragile, parce que quand des catastrophe naturelles surviennent, on peut avoir l’instinct de survie qu’on veut ce n’est pas dit qu’on survive, parce que l’instinct de survie pose sans cesse deux questions, est-ce que j’ai fait les bons choix en amont, est-ce que je fais les bons choix maintenant…
Comme je l’écrivais dans le parcours de l’oeuvre, l’anime place sa narration dans un Japon 2020 et donc la technologie que l’on connait, c’est d’autant plus facile pour le spectateur de se mettre en empathie avec les protagonistes puisqu’il s’agit de notre monde de tous les jours…
Il faut aussi que je vous parle de l’opening, misère, jamais contraste n’aura été plus grand entre l’opening tout tranquille qui ponctue gentiment la douceur de la vie quotidienne et le contenu de l’anime qui déchiquette toute cette vie quotidienne et la vie même. C’est un choix très intéressant du coup, car il contribue à ajouter du drame à ce que l’on voit à chaque épisode… au bout de deux épisodes, je ne pouvais plus l’entendre mais c’est la preuve que ça fonctionne…
Le Japon qui propose un personnage trans ou non genré c’est assez décoiffant dans une oeuvre prévue pour une large diffusion même si il y a une petite gaffe sur la fin. L’effort est fait et c’est appréciable.
Quelques défauts quand même… L’épisode de la secte est, soyons honnête un peu WTF, c’était nécessaire de trouver un cadre pour laisser éclore l’émotionnel des protagonistes mais je trouve que cela a été fait de façon ultra maladroite… Je n’en dirai pas plus pour ne pas dévoiler l’intrigue. On retrouve quelques facilités scénaristiques et manque de réalisme au niveau des émotions humaines (quid des retrouvailles sur l’eau, y a pas comme un problème dans l’attitude de la mère ?), il y a des longueurs maladroites, les graphismes sont inégaux et parfois assez bâclés et ça c’est vraiment dommage et la cerise sur le gâteau, c’est quoi cette fascination (obsession) pour l’Amérique ???? C’est un anime japonais mais on se demande s’il a pas été réalisé par et pour les américains parfois… Tout cela est vraiment dommage.

Je pense que c’est un anime qui divise pas mal, il a ses défauts et pas que des petits selon moi, mais il a aussi de très grandes qualités et je pense qu’il faut l’avoir vu au moins une fois ne serait-ce que parce que si on se prend au jeu… on est obligé de penser à notre vie, à comment on la vit, au temps que l’on peut perdre, à nos sécurités illusoires, à la vie, à la mort, aux liens et enfin à la planète et nos sociétés d’hyper consommation qui clairement ne nous sauveront pas face aux catastrophes naturelles.


Ten years were I love you the most / Wu Yi Ning Si

Résumé : He Zhi est un jeune homme malheureux. Son mari, Jiang Wen Xu, se sert du travail comme excuse pour le tromper avec n’importe quel autre homme, pourtant il continu à l’aimer et à rester avec lui. Et si ce n’était déjà pas assez, il a en plus le cancer et il risque de mourir ou plutôt il se laisse mourir. A quoi bon résister ? Mais tout change plus ou moins lorsque son médecin commence petit à petit à lui faire reprendre goût à la vie, à lui donner de l’amour.

Pour commencer ne vous étonnez pas, il existe des tonnes de traductions différentes du titre, cela peut paraître dépaysant au départ, en voici quelque unes :
– 10 years where I loved you the most
Les 10 années où je t’ai le plus aimé
The 10 Years that I loved you
The Decade of Deep Love
Une petite parenthèse avant d’aller plus loin, les noms ont été occidentalisés dans le manhua mais il s’agit bien des mêmes personnages ainsi He Zhi est devenu Lewis et Jiang Wen Xu est devenu Adolf…

C’est un web-roman/manhua chinois.

Le succès de l’oeuvre et ses différents formats : 
Initialement cette oeuvre est une light novel de l’autrice Wu Yi Ning Si qui a ensuite été adapté en manhua par Tofu Manhua (que l’on peut aussi trouvé en occidentalisé en Tofu Comics) en 2018. C’est sous ce dernier format que cette oeuvre est la plus connue en occident car diffusé par webcomics en 72 chapitres. Ce format a été mis en images par Tofu Manhua.
En substance il s’agit d’un Boys Love drama, dit comme ça on se dirait ouais bon un de plus… Mais non cette oeuvre sort définitivement du lot ne serait-ce que parce que l’on prend l’histoire en cours dans une relation déjà établie et qu’elle aborde des thèmes sérieux dont la trahison dans le couple, la violence dans le couple, la santé et la mort, l’accès à certains soins, la peur, etc…

Mon retour : Autant le dire d’emblée c’est un drame, à cette époque où on lit les manhua comme on va chercher une baguette chez le boulanger, une tendance se dégage celle que tout le monde en sort mais la qualité de l’histoire est souvent bâclée quand elle n’est pas inexistante. Or j’aime les oeuvres qui ont de la profondeur et ici c’est le cas. Déjà on n’a pas un énième manhua d’amour où il y a au choix un viol qui devient une histoire d’amour ou une rencontre miraculeuse qui dégouline comme du chocolat au soleil…
Ici on entre directement dans l’intimité d’un couple établi depuis 10 ans comme l’indique le titre et ce choix offre un panel de thématiques très intéressantes sur ce que l’amour peut devenir avec le temps et les habitudes.
Ensuite comme je l’indiquais c’est un drame, donc l’autrice a pris le partie d’aborder la trahison et la violence dans le couple. Si la trahison est souvent abordée, le violence conjugale que ce soit dans un couple hétérosexuel ou homosexuel est quand même assez rarement mis en avant, c’est ici le cas et bien sûr elle est dénoncée. Cela paraît tellement rare que l’on en sortirai presque le champagne…
Et puis les questions de la maladie et de la mort sont omniprésentes, avec une petite dénonciation au passage des personnes puissantes et riches qui peuvent avoir plus facilement avoir accès à certains soins que les personnes lambda; on tombe dans des réflexions profondes qui donnent bien sûr substance aux personnages mais nourrit aussi des réflexions personnelles pour le lecteur. C’est, selon moi, une réussite, j’ai même versé ma petite larme ce qui m’arrive assez rarement. Je ne veux pas trop en dire parce que je ne souhaite pas déflorer cette oeuvre pour qui ne l’aurait pas découverte mais j’ai rarement découvert un manhua qui parle d’amour en le faisant de façon aussi intéressante avec des pistes de réflexion aussi profondes et touchantes. Je le recommande chaudement que ce soit la light novel ou le manhua. Je n’ai pas encore parlé des graphismes, je n’en dirai pas grand chose, il sont totalement au service de la narration, expressifs, poétiques, doux et touchants. l’ensemble est une petite pépite qui mérite largement d’être connue. Alors bien sûr vu les thématiques abordées, c’est pour public averti mais il n’y a aucune représentation graphique qui ne soit pas nécessaire ou gratuite.


Innocent et Innocent Rouge / Shinichi Sakamoto
Inosan
9 volumes et 12 volumes

Résumé : Suite à la paralysie de son père, Charles-Henri prend sa succession et devient bourreau officiel. Il enchaîne les exécutions, met à mort les figures les plus importantes de la révolution comme Danton et Robespierre et torture les condamnés à mort. Seul problème : être bourreau le dégoûte. De ce paradoxe va naître une personnalité trouble et fascinante qu’Innocent se propose d’explorer.
Résumé Innocent Rouge : À l’aube de la Révolution, Charles-Henri Sanson, maître des hautes oeuvres de Paris, règne sur la famille des exécuteurs de France. Sa jeune sœur Marie-Josèphe, en charge de l’office de Versailles, devient incontrôlable à la mort d’Alain, son premier amour. Elle se jure de le venger en éliminant son assassin et ne recule devant rien pour renverser le système injuste qui lui a coûté la vie.

Mon retour : J’ai découvert ce manga de type seinen grâce à Manon d’Ombremont. L’article de l’Apprenti otaku est assez complet donc je vais tenter de ne pas souligner les mêmes éléments puisque le but des parenthèses otaku sur mon blog est plus généralement de mentionner des mangas moins connus mais là c’est un tel coup de coeur que je ne vais pas me priver de vous en dire plus. Pour tout vous dire le temps de commander les mangas et de les recevoir, j’avais déjà lu l’intégralité de l’oeuvre, lu Ascension (Kokou No Hito) et commencé Nés pour cogner (Masuraou), c’est donc un coup de coeur pour l’oeuvre mais aussi pour l’auteur…
Je vais vous parler ici de l’intégralité de l’oeuvre donc Innocent et Innocent rouge parce que finalement c’est réellement la continuité et que sans le point d’orgue de cette suite on ne comprend pas tout ce que l’auteur cherchait à faire passer dans la première série. Je pense qu’il est absolument nécessaire de finir la saga entière pour bien saisir le propos de l’auteur et surtout là où il nous emmène avec Marie -Josèphe.

Le première chose à souligner est bien sûr cet esthétisme gothico-romantique, les bourreaux sont l’incarnation de la faucheuse, ils sont représentés comme les vampires de la bit-lit, beaux à l’extrême, une chevelure vivace et omniprésente, l’érotisation du danger et la beauté sublime du bourreau et donc du flirt avec la mort contrastent brutalement avec l’horreur et la souffrance de leurs actions. On est dans une représentation par contraste, sublime et poétique.
Un des atouts de cette oeuvre est la représentation de sons dessinés sous forme d’onomatopées ou d’association d’idées et d’images, l’auteur fait appel à la mémoire sensorielle de son lecteur, il s’autorise des plans très cinématographiques également avec un dessin qui met le mouvement, l’expressivité et la souffrance émotionnelle au premier plan en fonction de l’émotion à représenter que ça soit dans de grands plans de vue d’ensemble comme dans le détail d’un œil ou d’une main.

Le choix de la métaphore pour communiquer l’horreur de façon acceptable est une idée brillante et le démarque nettement des autres mangakas. Il sait représenter le tragique et le sublime par une brillante utilisation du contraste entre la froide et brusque réalité poussée à l’extrême des détails les plus perturbants et la poésie et le lyrisme d’un héros tragique, faucheuse malgré lui, le tout met perpétuellement en exergue la valeur de la vie en montrant sa fragilité.
Il est à noter qu’il y a une érotisation ambiante, mettant en scène des amours et des attirances homosexuelles, qui répond à pas mal aux codes du yaoi et du yuri sans pour autant aller jusqu’au bout, je pense que cela fait partie de cette mise en scène qui rend la mort tout aussi désirable que méprisable…

J’ai un bémol néanmoins dans cette sublime réussite c’est le personnage de Soubise qui a des airs de Hisoka dans Hunter X Hunter, je l’ai trouvé déplacé et trop poussé même si l’on comprend que l’idée est de montrer que la souffrance infligée aux autres peut être source de jouissance pour qui accepte de se prendre au jeu… au jeu oui car il s’agit ici d’un vaste jeu dans lequel chacun doit jouer son rôle à la perfection sous peine d’en être sorti, par la mort si possible, c’est d’ailleurs à cet égard que Charles Henri frôle de peu le sort qu’on l’oblige à infliger aux autres et c’est le point pivot qui semble le faire changer…

J’ai failli ne pas aimer Innocent rouge et la tournure que Marie-Josèphe prenait, fort heureusement j’ai persisté, c’est en cela que je trouve qu’il faut lire ce manga jusqu’à la fin pour comprendre le propos de l’auteur en son entier. On pourrait penser que l’évolution de Marie-Josèphe prêche contre ce personnage jusqu’à en faire un cliché mais c’est sans compter le génie de Sakamoto qui sait, lui, où et comment il nous emmène et pourquoi, donc, si comme moi vous bloquez à certains passages, persistez dans votre lecture, ça vaut le coup, vraiment.
D’ailleurs dans cette suite qu’il faut absolument lire, on ne peut pas ne pas parler du parallélisme entre Charles Henri et Marie Josèphe génialement mis en scène, leurs similitudes comme leurs différences sont exacerbées et mis en valeur graphiquement de façon superbe… les pages où on les voit tous les deux faire des actions semblables sont nombreuses et finalement en arrivant sur la fin on comprend que chacun à leur manière ont cherché la même chose sans jamais la trouver…

C’est un manga qui se présente comme une épopée, une quête du soi et de son rôle dans le monde, c’est une valse entre la pureté et la corruption où les apparences se mêlent pour mieux nous tromper… C’est la quête d’un idéalisme quand l’héritage tant familial que sociétal est si lourd… la remise en question constante de la responsabilité individuelle face à la responsabilité collective… et la question fondamentale et, toujours d’actualité, quel est le pouvoir individuel face au pouvoir étatique, peut-on le changer et comment ? Peut-on amener le peuple à ne plus se satisfaire de la soif de sang qu’il entretien et à sa fascination morbide qui arrive à le distraire de son propre pouvoir ? C’est une saga qui pose de vraies questions de société, des questions toujours d’actualité à ce jour et qu’on se pose inévitablement en refermant le dernier volume de ce manga.

Je vous invite à découvrir un reportage sur les méthodes de travail de l’auteur notamment sur Innocent ICI
C’est un coup de coeur que je recommande chaudement uniquement pour un public avertir puisqu’il y a toute sorte de représentations graphiques de violence, torture, abus sexuels etc.
Si vous aimez la baston, je vous recommande Nés pour cogner (Masuraou) et si vous aimez les personnages différents, émouvants et borderline, je vous recommande Ascension (Kokou No Hito).


Par ailleurs, pour ceux qui ne le savent pas encore la nouvelle saga de l’auteur est inspirée du Dracula de Bram Stocker, Les enfants de la nuit, il a déjà commencé à être publié dans un magazine manga au Japon… je serai pour ma part au rendez-vous dès qu’il sera traduit et vous ?


Calendula of Limbo / Haji
Autres titres : Hengoku no Calendula, Love in Limbo
2 volumes

Résumé : Calen, devenu shinigami dans les Limbes, passe ses journées à protéger le monde des morts en compagnie de Makoto, son amant, et de leurs amis. Mais un beau jour, Seishin, le père de Makoto, est désigné pour être réincarné. Malheureusement, les âmes du père et du fils, qui n’est plus qu’un pantin de boue, sont étroitement liées et le départ de Seishin ne signifierait qu’une seule chose pour Makoto: la disparition pure et simple de son âme. Bien décidé à sauver l’amour de sa vie (ou de sa mort), Calen est prêt à braver tous les dangers, et même la Volonté Divine s’il le faut … à ses risques et périls !

Mon retour : C’est un yaoi (de mémoire il y a 3 scènes de sexe sur les 2 volumes) mais qui n’existe pas que pour montrer du sexe en image, l’histoire est construite, les personnages aussi, elle comporte même des éléments d’un shonen. Pour ceux qui souhaiteraient découvrir un yaoi qui existe pour autre chose que montrer du sexe et uniquement du sexe, je vous le recommande, il y a des scènes de combats, du surnaturel, de l’émotion, bref, un vrai bon manga construit qui mérite d’être connu malgré un genre qui pourrait hélas lui nuire…



Star align / Hoshiai no Sora
12 épisodes, probablement une future suite…

Résumé : Maki Katsuragi est un adolescent venant de changer d’école. Il y retrouve Tôma Shinjô, son ami d’enfance et capitaine du club de soft tennis. Ce club est la risée de l’école en raison de son niveau plus que faible, se faisant même battre par l’équipe féminine de soft tennis. Cependant, pour empêcher la dissolution du club, les membres vont devoir se qualifier lors des prochaines compétitions.
L’arrivée de Maki dans le club suffira t-elle à sauver le club ?

Mon retour : C’est une vraie belle surprise, arrivée dessus par hasard parce que j’aime tout particulièrement les animes sportifs, j’ai eu l’excellente surprise de voir que le sport, ici du tennis masculin en double, n’est qu’une excuse pour montrer tout un panel de problématiques que les enfants et les adolescents rencontrent dans la construction de leur personnalité. Des problématiques sérieuses et trop peu abordées notamment au japon le sont ici pêle-mêle au travers de personnages tous très intéressants et attachants à leur façon, on trouve notamment la quête d’identité sexuelle, la quête d’amour parental, l’adoption, la violence physique ou morale que certains enfants subissent, celle de coller aux exigences des parents sans tenir compte de la personnalité de l’enfant, etc. Disons-le tout de suite, certaines scènes peuvent choquer, notamment les violences aux enfants.
C’est vraiment un anime que je recommande, le côté sportif correspond aux normes du shonen mais les problématiques périphériques des petits héros ça en fait une jolie pépite à découvrir absolument…
Pour le moment il y a 12 épisodes disponibles sur wakanim, Kazuki Akane a laissé entendre qu’il y a aurait probablement une suite… personnellement je l’espère…


Dans les sorties du mois, je vous déconseille : Sun Ken Rock que je boycotte suite au volume 9 avec les idoles où notamment on nous dit que, non, c’est pas bien d’abuser des jeunes filles, mais où clairement la scène de viol dans la cuisine est vachement excitante pour nos héros et pour la jeune femme violée… je lui reproche la même chose qu’à la Voie du Sabre… on ne dénonce pas quelque chose en se montrant complaisant…. déjà que le contenu en dehors de ça fait des femmes des objets à coup de records de plans petites culottes… bref dénoncer c’est bien, avec cohérence c’est mieux…
Si vous aimez la baston mieux vaut Masuraou… c’est plus sain…

Dans les sorties du mois, je vous conseille :
Innocent rouge Vol. 10
L’homme qui tua Nobunaga Vol. 1
Perfect World Vol. 11

Jujutsu Jaisen Vol.6

Voilà, faites-moi un retour si vous connaissez une ou plusieurs de ces oeuvres, c’est toujours sympa de connaître les avis des autres…;-)

Bonnes lectures !