Retour de lecture pour : La Mélodie, Emilie Ansciaux

Certains de mes retours de lecture peuvent présenter des éléments d’intrigues.


Retour de lecture : Autant le dire tout de suite, ce court roman et moi, nous n’avons pas eu de relation alchimique, c’est comme ça, ça arrive… Mais ça n’en fait pas un mauvais roman pour autant, c’est juste que nous n’étions pas fait l’un pour l’autre, ma chronique sera donc courte.

Pour commencer, le format autant que la thématique ne sont pas sans me rappeler Les Contes de la Crypte que je regardais étant jeune : un démarrage dans le quotidien et l’ordinaire d’un protagoniste qui, par un hasard qui n’en est pas forcément un, se retrouve dans une déferlante qui le conduit à sa perte… l’ambiance est similaire, le rythme qui va crescendo également et la fin tragique, de préférence brutale et ultra violente, l’est tout autant et enfin le format court finit de m’y faire penser…

L’écriture de l’autrice est fluide et immersive, dès le début, on se prend au jeu de suivre le quotidien somme toute banal de cet homme qui emménage, le tempo va crescendo et le wagon est emporté brusquement, brutalement, on peut vraiment dire que la première partie est une réussite absolue niveau temporalité, l’autrice sait embarquer son lecteur dans la terreur et la folie…

Par contre, j’ai eu du mal avec les cassures temporelles suivantes… Techniquement parlant, elles s’expliquent et leur choix se justifient très bien mais je n’ai pas suivi, surtout pour tomber sur des passages d’une violence extrême que je n’ai pas spécialement bien digéré tant ils arrivaient brusquement et tant j’ai trouvé leur choix pour le moins étonnant, presque plus cinématographique que littéraire dans la saccade…

Comme il est doux de se bercer d’illusions pour éviter de réfléchir à ce qui nous fait peur.

Je l’ai déjà dit maintes fois sur ce blog, la violence en soi ne me gêne pas si elle porte un propos ou une histoire… mais là autant je comprends l’intention de l’autrice autant j’ai du mal à m’expliquer un tel déferlement de violence d’un coup d’un seul, j’imagine que ce contraste à été trop rude pour moi…

Je pense que le format y est pour beaucoup, pas assez de développement psychologique et émotionnel à mon goût sans doute… pas assez de liant, j’ai eu du mal à finir et j’ai refermé le livre avec soulagement sans avoir apprécié les deux derniers passages temporels…

Pour conclure, il faut dire que je suis très exigeante quand il s’agit de lire de la violence, j’en lis beaucoup, sa mise en scène est primordiale pour que ça passe et qu’on comprenne pourquoi on s’en sert dans une oeuvre… Ici, je n’ai pas de critique fondamentale sur son usage, je vous invite donc à lire ce court roman et à vous faire votre avis car en soi, il n’a pas de gros défaut, je pense simplement ne pas être son public privilégié…

Ma note finale est donc un 11/20

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Pour aller plus loin…

4e de couv. : La coutume veut que la première nuit dans une maison représente toujours un moment difficile à passer. Tous les bruits inhabituels se font alors entendre. Craquements, grincements et autres sons angoissants qui font travailler l’imagination et invitent à la psychose. Pour ma part, cette nuit-là s’est déroulée sans encombre, car j’ai un sommeil de plomb, rien ne me réveille, pas même le coq de mon voisin qui a, paraît-il, fêté le lever du soleil à 7h09. Non, la première nuit j’ai dormi comme un bébé. C’est seulement le lendemain que je l’ai entendue et que tout a commencé…


L’autrice : Belge, passionnée par l’écriture et par la création artistique de manière générale, elle écrit de courtes nouvelles depuis ses dix ans. Elle se lance pourtant dans une carrière scientifique, avant de revenir vers son premier amour : l’écriture. Cette auteur touche-à-tout et très indépendante publie son premier roman en 2013 à l’âge de 26 ans, avant de monter sa propre maison d’édition, deux ans plus tard.


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