Lors de ma dernière parenthèse otaku, je vous avais dit que je m’étais lâchée sur les mangas et pour tout vous dire le numéro 10 de cette chronique est prêt aussi…
Aujourd’hui, je vous propose de m’agacer un peu sur un manga samouraï que je trouve surcoté, de vous faire découvrir un manwha de type yaoi et de deux pépites à découvrir absolument.


Sidooh de Takahashi Tsutomude
Autres titres :
9 lus sur 25 volumes

Résumé : Milieu du dix-neuvième siècle, ère Meiji, Japon
Shotaro et Gentaro Yukimura sont deux frères orphelins, âgés respectivement de quatorze et dix ans, dont la mère vient de mourir, terrassée par une épidémie.
Livrés à eux-mêmes, envieux de devenir de véritables samouraïs, ils se retrouvent à devoir affronter les multiples dangers et obstacles qui les menacent.
Mais s’endurcir et respecter la voix du Bushido n’est pas une tache de tout repos lorsque l’on vit dans un monde où la violence et les brigands règnent…

Mon retour : Disons-le tout de suite, c’est l’histoire d’une déception… J’avais peur de le lire tellement toutes les chroniques que je lisais paraissaient dire que c’était difficilement soutenable mais, honnêtement, je m’attendais à pire vu ce qui en était dit côté violence, viol, abus etc… En fait ça va, alors, oui, c’est pour public averti m’enfin quand on a lu les premiers mangas de samouraï comme ceux d’Hirata dont je parlais dans la dernière Parenthèse otaku bon bah ça passe crème quoi… d’autant plus que finalement ce manga prend le parti de romantiser l’esthétique de ses personnages en faisant des héros des icônes de beauté… bon c’est un choix. Je trouve, pour ma part que ça manque de caractère et que ça enlève à l’ambiance générale qui pourtant est plutôt chouette. Ça aurait pu jouer sur les contrastes mais ça ne marche juste pas, pas pour moi… Dans les terreurs comme dans les mangas, j’aime les « gueules » qui ne sont pas forcément « belles » mais qui ont une aura, du charme, le petit truc en plus qui va faire qu’on va s’attarder sur le qui-quoi-comment. Ici je trouve que ça tombe à plat, ce n’était pas faute d’avoir le matériel nécessaire au sortir du tome 1 qui est, à mon sens, le meilleur.

J’ai adoré l’utilisation de la secte dans le milieu politique, c’est un élément que je trouve brillamment utilisé et quand on connaît un minimum le Japon on comprend à quel point ce choix est brillant et bien vu.

Côté combat, c’est sympa, seulement sympa ? Et bien oui, il y a du bon et du moins bon… il y a de tout : de l’excellent, de l’absurde, de l’improbable et du vu et revu bas de gamme. Force est de constater que s’il y a de la dynamique, le brouillon l’emporte la plupart du temps. Le tout finalement a un rendu très inégal qu’il est difficile d’étiqueter très bon mais au moins ça fait le taf d’être divertissant un temps et pour les moins exigeants.

Et puis voilà qu’au détour du tome 5, paf, la déception absolue !

Je vais vous parler d’un «  » » »détail » » » » qui m’énerve… encore et toujours… serait-ce encore une histoire de viol ? Bingoooo. Le viol est plutôt cohérent dans l’histoire donc là n’est pas le soucis mais, voilà, on a un Gentarou traumatisé par ses attouchements, c’est ce qui le transforme de doux petit garçon naïf et innocent à un gamin violent et agressif, à l’air revêche et au regard menaçant, pourquoi n’est-ce pas possible dans la tête d’un mangaka de comprendre qu’une femme qui se fait violer en souffre aussi ??? Pourquoi ? pourquoi ????? Nan mais sérieux Mozu, en mission d’infiltration, se fait violer plusieurs fois et elle se relève en disant juste qu’elle va leur apprendre une leçon qu’ils ne sont pas près d’oublier et basta ???? grrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr, je ne peux pas vous dire à quel point ça m’énerve et à quel point c’était l’occasion de rendre ce personnage féminin tellement plus intéressant comme peut l’être Gentarou. Quitte à introduire le viol dans l’histoire de ce personnage, autant se servir de ses conséquences pour donner de la substance au personnage, et au récit en général, alors pourquoi c’est possible pour le gamin et pas pour la femme ??? Voilà bien une question qu’elle est importante et qu’elle est intéressante à poser….

Après ça, j’ai lu encore un peu, en espérant qu’on parlerait de Mozu et de son traumatisme, en vain bien sûr, et j’ai fini par me lasser. Si l’évolution de Gentarou était un élément qui maintenait encore un peu d’intérêt dans la suite, tout ça retombe comme un soufflet, j’ai arrêté au tome 9 peu après leur retour à Tokyo, il n’y avait plus rien de divertissant qui justifiait de passer par dessus les bémols devenus trop nombreux.

Il y a avait tellement de bonnes choses, de belles promesses concernant ce manga, c’est une déception pourtant l’idée d’avoir deux frères très différents, Sho et Guntarou, était pleine d’opportunités, l’un posé et sage, l’autre la colère et l’agressivité incarnées, Mozu était un personnage féminin tellement prometteur et puis finalement le mangaka en a fait une suiveuse par amour… Bref une déception.
Mais alors, vous direz-vous peut-être, pourquoi j’en parle ici ? Et bien pour être honnête, j’en ai un peu marre des avis supers positifs sur certaines œuvres, services presse, j’m’en foutisme de viols de femme traités de façon inappropriée ou absence de connaissance de ce qui se fait dans le genre, je ne sais pas, mais j’ai envie de lire des avis nuancés, j’aime avoir des avis contraires, et quand je n’ai qu’un son de cloche positif sur une oeuvre et que je tombe de mon pommier parce qu’en fait, il n’y a rien de transcendant ou de gros défauts dont on ne parle jamais, je bougonne…

Voilà, j’espère que cette modeste mini-chronique amènera une piste de réflexion pour voir ce manga de façon différente et surtout mettra en avant toujours cette même problématique du traitement du viol qui tend à être invisibilisé dans les chroniques. Je ne peux que vous encourager à lire au moins un Hirata, pourquoi pas Vagabond aussi mais dans un registre plus philosophique, pas pour dire c’était mieux avant, loin de là, juste pour avoir un élément de comparaison qui tient la route sur les thématiques samouraïs et arts martiaux dans la catégorie Gekiga 😉

D’ailleurs je pense qu’un jour faudra que je vous cause de Myamoto Musashi et de sa présence en roman et manga, aller soyons fou, j’essaie de le faire pour le numéro 11, le numéro 10 étant déjà prêt. 😉


ENNEAD de Mojito
1e saison : 73 épisodes

Résumé : La terre jadis paisible d’Égypte a été tachée de sang sous le règne tyrannique de Seth, le dieu de la guerre. Horus, fils du dieu Isis mais pas encore lui-même, se lève pour défier le trône et mettre fin au chaos et à la destruction. Bien que la confrontation entre Seth et Horus ait commencé par la haine, avec le temps elle devient floue par l’obsession et le désir…

Le succès de l’oeuvre : Juste quelques mots pour vous dire que l’oeuvre a eu son succès en Corée du Sud et a vu une édition papier voir le jour, le tout sorti dans un duo de coffrets bien attrayant, on ne peut que souhaiter qu’en France cela suive le même chemin, en attendant vous pouvez retrouver ce manhwa sur Tappytoon et découvrir les trois premiers épisodes gratuitement. Petite précision d’importance, la première saison fait 73 épisodes et la fin de cette saison peut se voir comme une vraie fin si vous n’avez pas envie de vous ruiner plus avant.

Mon retour : Je vais commencer par le sujet qui fâche certains, l’aspect yaoi, parce que j’ai vraiment envie que ce ne soit pas une étiquette qui vous arrête. J’avoue avoir du mal à comprendre pourquoi c’est classé ainsi d’ailleurs, du moins pour cette première saison. Il faut savoir que sur les 73 épisodes de cette première saison, il n’y a que deux scènes de sexe, c’est assez intéressant quand on sait que, dans les manhwa yaoi ou josei, c’est devenue une moyenne générale d’avoir une scène de sexe tous les trois épisodes.
Il faut aussi que je précise que ces interludes de sexe ne sont pas consentis mais, par contre, ces viols s’expliquent très bien par les éléments d’intrigue, autrement dit, vous pouvez les sauter (parce qu’à mon sens on n’a pas besoin de voir visuellement un viol, le suggérer aurait été suffisant…) mais le pourquoi du comment n’est pas gratuit, bien au contraire, c’est donc intelligemment construit et ça ne se base pas QUE sur des amours homosexuelles, bien au contraire.
Autre avertissement, il y a des relations amoureuses entre membres de fratrie, on parle de mythologie égyptienne où les Dieux s’épousaient entre eux et d’ailleurs la royauté égyptienne faisait de même, à ne pas regarder avec un regard européen et déconnecté du contexte donc…
Voilà ça me tenait à cœur de préciser ces points parce que je sais que ces éléments peuvent rebuter or ce manhwa est une perle rare autant dans sa construction que dans sa complexité et ça serait dommage de s’arrêter à ça, parce que cette oeuvre casse les codes du genre, d’ailleurs, selon moi, elle n’a pas de genre… toujours pour la première saison du moins.

Reprenons la base, de quoi ça cause ? Et bien de la mythologie égyptienne, l’intrigue se tient à l’Ennead, la cours des Dieux d’Egypte. Seth gouverne l’Egypte dans le sang et la violence depuis qu’il a tué Osiris et Isis revient avec son fils Horus, encore demi-dieu, pour tenter de récupérer la gouvernance de l’Egypte. Intrigues, complots, trahisons, luttent de pouvoir, besoin de reconnaissance, le tout avec une bonne grosse dose de fantastique, basé sur une connaissance de la mythologie solide et des coutumes égyptiennes précises, c’est un fabuleux cocktail !
Point de crainte pour ceux qui ne connaîtraient pas bien cette mythologie, tous les rappels de bases sont faits de sorte que personne ne se perdent en cours de route.

La mythologie égyptienne qui inspire ce manhwa se base sur la vraie mythologie, ce qui est très convaincant puisque l’intrigue exploite les querelles et les luttes de la mythologie elle-même. Elle s’en éloigne dans les causes de ces querelles mais sa richesse et sa densité s’explique par le fait qu’elle exploite la vraie mythologie à son avantage. C’est purement brillant !
Je me sens en devoir de préciser, ici, que l’Egypte ancienne c’est vraiment un de mes dadas et sa mythologie est chère à mon cœur donc je m’estime plus sévère sur les œuvres qui en traitent et là j’ai tout bonnement A-DO-RÉ !!!

Un petit mot sur l’esthétisme qui a une petite touche surannée qui va vraiment bien avec l’univers traité, les Dieux ont des caractéristiques intéressantes comme Seth avec les cheveux rouge sang et Râ, Dieu du soleil qui est… une Déesse ! Pour les plus observateurs, on retrouve des objets du quotidien réellement utilisés par les égyptiens, il y a donc vraiment un joli travail de recherche avant l’appropriation de cet univers.

Et là vous me direz « ouais ok tu es enthousiaste mais on a rien lu de transcendant » et c’est vrai, je gardais le meilleur pour la fin ! Qu’est-ce donc ce meilleur ? Du féminismeeee, yeah, quand je vous disais que je me demandais en quoi c’était du yaoi juste parce qu’il y a deux rapports entre hommes, c’est parce qu’en réalité ce manwha a l’intelligence de proposer une réflexion sur la liberté des femmes, la liberté de choisir avec qui concevoir des enfants ou non et avec qui vivre une histoire d’amour ou non. La vraie belle surprise de départ a été de constater que Râ était un personnage féminin et je vous prie de croire que c’est bien plus révolutionnaire qu’il y paraît. Thot est un personnage intéressant également par ses caractéristiques féminines alors même qu’il est bien dit que c’est un homme et qu’il est couple avec un autre Dieu. Cette oeuvre dépasse largement les caractéristiques du yaoi pour proposer une vision libérée et ouverte des relations hommes-femmes, hommes-hommes, etc.
C’est frais, c’est intelligent, c’est même audacieux considérant les codes du yaoi d’aujourd’hui, où bien souvent les auteurs sont poussés à modifier leurs œuvres pour la rendre conforme aux standards de genre. D’ailleurs ici, je m’interroge sur le pourquoi en avoir fait un yaoi et pas juste un seinen ? Pour vendre ? Je ne saurai dire, peut-être la 2e saison donnera plus d’indications…

Dans ce manwha, on parle aussi de filiation, de quête d’identité, de besoin d’amour et de reconnaissance de ses parents et de ses paires, on parle d’amitié, de fraternité, de culpabilité, de fidélité, de justice, de sacrifice, etc. C’est un vivier à réflexions et ça dépasse largement le cadre de son genre mais également de la simple série fantastique sur les Dieux égyptiens.

Après la fin de la première saison, deux épisodes sont dédiés au fan service, j’ai regardé par curiosité, vous pouvez vous en passer vu les viols décrits… Bien que j’ai du mal à comprendre que cela puisse être du « fan service » j’avoue préférer qu’ils soient relégués à des épisodes bonus que nous n’avons pas à subir dans l’histoire, c’est finalement le bon compromis, je trouve. Ainsi chacun y trouve ce qu’il cherche mais pas au même endroit…

Je ne peux pas prédire ce qui adviendra de cette oeuvre lors de sa saison suivante ni si il y aura autant de qualités, pour autant cette première saison m’a fait un effet de dingue et je ne peux que vous encourager à la découvrir, d’autant que je le redis, la fin de la saison, peut être considérée comme une vraie fin ouverte…
J’ai lu les interview bonus des personnages et je pense que ce qui se profile me plaira moins, je tenterai néanmoins histoire de ne pas mourir bête, reste que cette saison à elle seule mérite le détour.
J’espère vous avoir donné envie de la découvrir. 😉


Le mari de mon frère de Tagama Gengoro
Autres titres : My Brother’s Husband / Otōto no Otto
4 volumes

Résumé : On suit l’histoire de Yaichi et sa fille Kana, qui reçoivent un jour la visite de Mike, le mari du frère jumeau de Yaichi, arrivé directement du Canada. Yaichi devra alors revoir et repenser les stéréotypes absurdes qu’il avait sur les homosexuels, tandis que Kana met régulièrement les pieds dans le plat, avec la naïveté et la franchise décapante propres aux enfants de son âge. Les deux hommes vont tous les deux apprendre l’un de l’autre, entre Mike qui se familiarise avec les us et coutumes japonaises et Yaichi qui découvre la culture canadienne.

Mon retour : Que voilà un joli manga que je recommande à tout le monde ! Une vraie belle surprise ! Ce manga n’est pas un yaoi ni même un shounen-ai, c’est un seinen où, autour de la disparition d’un proche, le personnage principal, Yaichi, apprend à faire tomber les barrières de ses préjugés. C’est extrêmement bien amené. On passe des préjugés à la remise en question des codes de la société qu’on a fait siens sans s’en rendre vraiment compte pour finalement gentiment glisser vers un concept ouvert à s’approprier concernant ce que peut être la famille.

Au passage, on aborde la question de la monoparentalité, de l’homosexualité au Japon et ailleurs, de la tolérance et de discrimination, de l’acceptation d’être soi dans une société où on est sûr d’être rejeté, de la souffrance de jouer un rôle pour ne pas être la cible de harcèlement et d’exclusion et de façon général des non-dits, d’interculturalité. Il y a énormément de douceur et de tendresse dans cette histoire, beaucoup d’émotions, j’avoue avoir eu la larme à l’œil. Les dialogues intérieurs sont vraiment bien utilisés notamment dans ce qu’on aimerait dire mais qu’on se retient de déclarer à haute voie pour la « bienséance ». Les mots sont justes, les gestes sont pesés, les regards précis et émotionnellement chargés dans un dessin plutôt simple et épuré et une organisation des cases parfois cinématographique mais tout est tellement humain et naturel…

L’auteur a amené tous ces questionnements avec subtilité et intelligence, à l’aide d’images, de comparaisons, de rencontres et par le prisme de l’innocence des enfants. Son personnage principal a une évolution cohérente et réaliste, on a le sentiment d’évoluer avec lui. C’est vraiment une œuvre à découvrir et pas seulement si vous êtes sensibles au sujet, je trouve que c’est vraiment un manga qui enrichi et qui, une fois refermé, nous laisse plus empathique qu’en le commençant. C’est un must read et je le recommande +++++++++


Solitude d’un autre genre de Nagata Kabi
Autres titres : My Lesbian Experience With Loneliness / The Private Report on My Lesbian Experience with Loneliness / Sabishisugite Lesbian Fuzoku ni Ikimashita Report
1 volume

Résumé : Kabi Nagata, 28 ans, souffrant de dépression et de troubles alimentaires, vit encore chez ses parents, et n’a pas trouvé sa place dans la société. Après de nombreux échecs et petits boulots, elle réalise ce qu’elle souhaite vraiment faire : dessiner des mangas ! En parallèle de ses débuts artistiques, elle se sent terriblement seule et réalise qu’elle n’a aucune expérience sexuelle. Elle désespère d’avoir quelqu’un ne serait-ce que pour la prendre dans ses bras. Elle décide alors, pour le bien de sa création artistique mais aussi pour elle-même, d’avoir recours à une prostituée afin de trouver ce « doux nectar » dont les autres semblent jouir en secret… Un récit introspectif sans faux-semblant sur le mal-être et la découverte de soi.

Mon retour : C’est le mois des pépites côté lecture manga, malgré de grosses déceptions, j’ai d’excellentes surprises dont ce seinen fait indubitablement partie.
C’est un manga à part autobiographique importante, c’est la patte de la mangaka qui d’ailleurs explique que c’est comme ça qu’elle a trouvé comment rendre ses mangas intéressants pour le public, en racontant son histoire.

Je ne saurai vous dire à quel point ce manga m’a touché parce qu’il ne parle pas que de préférence sexuelle comme il est hélas souvent étiqueté, il parle de tout ce que l’on peut embouteiller en nous-mêmes pour nous fondre dans un moule sans même en avoir conscience, il parle des désordres psychologiques, émotionnels et physiques que cela peut engendrer.

Ainsi dans ce manga, on va suivre l’héroïne dans ses troubles alimentaires, ses automutilations, son inadaptation sociale et les phobies qui vont avec, dans les hospitalisations et les errances de la quête d’un soi qu’il n’est pas forcément aisé d’identifier et d’affirmer sous le regard des autres et des jugements réels ou projetés qu’on leur prête. Lentement, très lentement parce que ce n’est pas le sujet principal, on glisse vers le sujet de l’homosexualité féminine avec pudeur, sincérité et innocence.

Vous dire que j’ai adoré ce manga, c’est un euphémisme, non ce n’est pas ça, c’est même dur de dire qu’on adoré ce manga parce que c’est réducteur, ce n’est pas qu’un manga. La part d’autobiographie remplie le tout de tant d’émotion que c’est difficile de ne pas être bouleversé. Les troubles alimentaires et l’inadaptation sociale m’ont particulièrement touché parce que je l’ai vécu, pas pour les mêmes raisons mais la résonance a été très très forte. La mangaka a réellement su produire une oeuvre touchante, délicate et profonde. Jamais dans le voyeurisme ou la facilité.

Au début, j’étais vachement réticente à cause de l’esthétisme du trait de la mangaka et puis il faut lire, il faut lire pour comprendre que ce trait sert une cause et met en valeur le reflet qu’on peut avoir de soi, mon préjugé était bien mal placé et il me remet en question sur mes exigences et mes préférences artistiques, un manga n’est pas qu’une oeuvre graphique, c’est un duo de traits et de mots qui valse et seul le résultat sur la piste de danse peut réellement être évalué.

Je peux d’ores et déjà vous dire que je vais aller découvrir ses autres œuvres qui sont tout autant autobiographiques et, ce, très rapidement tant elle m’a fait forte impression. C’est une oeuvre exutoire, un exorcisme, une catharsis mais aussi une invitation à aller à la rencontre de soi quand on est profondément en souffrance. C’est un souffle d’espoir tout en étant une exhortation à s’affirmer pour qui l’on est et comme on est. Un pur bijou incontournable selon moi.


Dans les sorties du moment, je vous conseille :
L’oiseau de Shangri-la Vol.2
Kemono Incidents Vol. 10

The breaker Vol. 3 Edition ultimate
Tomie Vol. 1
Laisse-moi te détester Vol. 1
– Slam Dunk Vol. 19 et Vol. 20

Voilà, faites-moi un retour si vous connaissez une ou plusieurs de ces oeuvres, c’est toujours sympa de connaître les avis des autres…;-)

Bonnes lectures !