Cela fait un moment (comprendre plusieurs longs mois) que j’avais commencé cette Parenthèse otaku et les suivantes, depuis , il y a eu mon changement de vie et j’avoue avoir connu pas mal de déception côté manga quelque soit les genres testés, je me suis donc pas mal rabattue sur des relectures, quelque peu lassée de tomber toujours sur les mêmes écueils…

Pourtant avant mon déménagement, j’étais très motivée pour dénoncer certaines choses, mais de guerre lasse, je ne vais vous parler que de Nana pour la critique problématique et pour le reste, je laisse la part à ce que j’ai adoré même si ça supprime de fait deux Parenthèses otaku… On est parti…


Nana de Yazawa Ai
21 volumes, le dernier en attente

Résumé : Elle s’appelle Komatsu Nana. Elle veut retrouver son petit ami et ses amis. Elle prend le train et part pour Tôkyô. Elle s’appelle Ôsaki Nana. Elle est chanteuse au sein d’un groupe punk  BLACK STONES (BLAST). Pour ses 20 ans, c’est décidé : elle s’offre un aller simple pour Tôkyô !

Les deux Nana feront connaissance dans le train pour la capitale. Suite à des ennuis météorologiques, le voyage est considérablement ralenti et les deux jeunes femmes peuvent alors en profiter pour faire connaissance. Leur chemin se séparera une fois arrivées à Tôkyô pour mieux se retrouver quelques temps plus tard dans une colocation dans l’appartement 707.

Le succès de l’oeuvre : Classé Shojo mais flirtant avec le Josei, ce manga a un succès monstre au point qu’il a été adapté en anime et qu’il fait partie des références du genre. Il existe à ce jour 21 tomes, il est inachevé car la mangaka est tombée très gravement malade.

Mon retour : Vous savez, il y a toujours ce genre de manga où quand on vous demande si vous l’avez lu, personne ne s’attend à ce que vous répondiez « non » et si vous avez le malheur de répondre par la négative, on vous lance un « hannnnnn mais comment c’est possible !!!! » en levant les yeux au ciel, jurant par tous les dieux de l’univers que c’est LE manga incontournable qu’il faut avoir lu… Ce manga tout le monde m’en parle depuis des années et puis finalement, un peu encouragé par l’article de l’Apprenti Otaku sur les « bonnes romances », je me suis lancée… et je me suis récupérée aplatie, écrabouillée contre le mur de l’agacement, de la colère, du « j’en ai marre des tropes malsains »…

Je ne publie pas cet article pour encenser ce manga, mais pour tenter d’introduire un brin de réflexion dans les mangas iconiques qui pausent problème… misère, j’ai vraiment un gros soucis avec ces titres que tout le monde adore sans concession et je confirme le « sans concession ». Parce que, bien sûr, si j’avais lu quelque part ce que je m’apprête à écrire, je n’aurai pas perdu les précieuses heures que j’ai passé à lire TOUS les tomes disponibles à ce jour. Je suis heureuse de les avoir emprunté et pas acheté…
Je précise ici que je ne fais pas ça pour détruire une oeuvre, ne serait-ce parce qu’elle n’est pas mauvaise, bien au contraire, mais pour vraiment encourager à aller chercher le libre arbitre et le cerveau qu’on a peut-être tendance à laisser au placard pour analyser ce qui ne va pas.

ATTENTION SPOIL dans ce qui suit…

Donc Nana alias « Hachiko » rencontre Nana la punkette (elle et son amoureux Ren sont très fortement inspirés des Sex Pistols notamment l’histoire du collier pour ceux qui savent à quoi je fais référence). Dès le début, il faut bien dire que si Nana, la punkette, m’est apparue super intéressante, l’autre m’a très vite fait grincer des dents, chouineuse au possible, superficielle, instable émotionnellement, ce personnage n’a vraiment pas grand chose pour me plaire si ce n’est qu’elle promettait de donner un développement intéressant en duo avec la punkette. Il faut dire ce qui est, c’est bel et bien la punkette qui porte à elle seule le manga sur ses frêles épaules. Et pourtant Nana « Hachiko » permettait de développer toutes les problématiques liées à l’insouciance, le manque de responsabilité, l’instabilité émotionnelle, et il y a clairement des ébauches de ces problématiques mais ces ébauches sont restées des ébauches hélas, j’en reparlerai plus loin.

Il est très intéressant dans ce manga de suivre Nana la punkette qui décide de ne pas suivre son amoureux pour faire sa carrière à elle, malgré la souffrance que cela constitue, outre qu’on est en droit de se demander pourquoi le dit amoureux garde le silence si longtemps, Nana est forte dans sa souffrance, elle a de l’épaisseur et constitue la pierre angulaire de ce manga qui va pourtant donné la parole principalement à Nana « Hachiko ». J’ai bien aimé le fait que cette dernière raconte l’histoire en ponctuant son discours d’éléments de regrets et de nostalgie, on sent dès le début que l’issu est tragique et cela ne fait que renforcer l’attrait de la Nana punkette qui au contacte de Nana Hachiko s’épanouit petit à petit, elle qui n’avait jamais eu quiconque, et Hachi qui ne sait où appartenir, se sont attachée l’une à l’autre dans l’incompréhension de leurs souffrance respective et de leurs manque d’estime personnelle plus fort qu’un couple ne le ferait, cette amitié parfaitement ambiguë est un élément de l’intrigue que j’ai vraiment apprécié (même si je maintiens que Hachiko seule est juste insupportable, sauf quand elle fait la maman et qu’elle prend soin de ceux qu’elle aime).

Un autre atout de ce manga est de parler du monde de la musique et de comment sont fabriquées des stars et des succès, notamment à coup de scandales au détriment des personnes au milieu et comment on se sert également des jeunes femmes fragiles ou seules pour les amener à une forme de prostitution légale à travers le monde du cinéma et notamment les films pornographiques. C’est bien développé et, finalement, jusqu’au bout on nous montre que le monde du paraître peut mener au drame ceux qui faisaient ça par passion au début, ou comment la corde qui est posée sur le coup de la star en devenir finie par se resserrer jusqu’à tuer.

Et puis là il faut bien que je vous parle de l’immense tâche d’huile sur ce manga. Nana Hachiko, qui enchaîne les relations toxiques avec les hommes fréquente la star Takumi, qui bien sûr couche avec tout ce qui porte jupon. Entre temps, un autre se déclare auprès de Hachiko (coeur d’artichaut, girouette…) et cette dernière balance une phrase pas super claire à Takumi au téléphone et se met avec Nobu. Bien sûr, là on apprend qu’elle est enceinte (un vrai Santa Barbara moderne), Takumi débarque chez elle, la force à ouvrir la porte qu’elle refusait d’ouvrir en faisant croire à la présence de paparazzi, il la voit vomir, comprend qu’elle est enceinte, lui pique son téléphone, l’enferme dans la salle de bain et appelle Nobu, le copain actuel de Nana Hachiko, sans lui demander son avis et sans qu’elle puisse en avoir parlé avec lui pour lui dire qu’elle est enceinte et lui dire que même si ce n’est pas son gosse il le reconnaîtra, et lui demande ce qu’il va faire de tout ça ?

Je vous passe le spoil des détails pour vous dire que finalement Nobu abasourdi ne vient pas voir Nana et que pendant ce temps là, Takumi – qui je le répète a téléphoné au copain de Nana qui est enfermée dans la salle de bain – lui dit qu’il est le seul qui peut la « sauver » et subvenir à ses besoins et reconnaître le bébé, au passage, il lui impose un rapport sexuel en lui disant qu’il n’y a qu’à lui qu’il faut faire plaisir…. Vous l’entendez mon grincements de dents ? Naïve que je suis, bien sûr je me suis dit « ah tiens ! c’est intéressant, on va parler du viol dans le couple »… Parfois, je me dis que, vraiment, je suis trop naïve pour ce monde et bien non bien sûr, elle emménage chez lui, lâche Nana la punkette du jour au lendemain sans quasiment un mot (je vous ai dit qu’elle m’énervait ?).
Aller, faisons un bon dans le temps, c’est l’anniversaire d’un des membres du groupe, celui pour lequel Nana Hachiko est quasiment une maman de substitution, elle est invitée par un membre du groupe de Takumi à l’évènement conjoint entre les deux groupes pour faire plaisir à Shin.
Nana Hachiko débarque à l’évènement et là bien sûr, après la soirée, Takumi vient chercher Hachiko et pour la punir : la viole bien sûr… Et là, indécrottable naïve que je suis, comme elle parle enfin de viol et est furieuse, je me dis que, enfin, elle va en parler aux autres, le viol conjugal va être dénoncé… dans mes rêves seulement… elle passe juste à autre chose et va même jusqu’à dire de Takumi, qui, bien sûr, continu de coucher à tout ce qui a un jupon et à ne pas être présent pour elle, que non mais même s’il a des mauvais côtés, il est tellement mignon quand il va pas bien… Manga iconique qui a bercé des millions de jeunes filles qui adorent le personnage de Takumi et voudraient être à la place de Hachiko… achevez-moi…

J’ai lu les 21 tomes… J’ai lu les 21 tomes en espérant qu’à un moment donné ça sortirait, qu’on en parlerait, rien, niet, nada… Je vous spoile la fin, tout le monde fini quasiment par coucher avec tout le monde mais finalement tout ça s’enlise dans un Santa Barbara de bas étages sur fond de musique….

Je vous raconte pas ma tête quand j’ai fermé le dernier tome, je me suis dis que j’avais mal lu les commentaires et mal écouté les gens qui en parlaient… mais après vérification, rien de tout ça n’était une illusion de ma part ; j’ai trouvé un seul endroit où les viols sont mentionnés mais sont, je cite, « pardonnables » à cause de l’enfance de ce personnage. Je le dis souvent sur mon blog mais c’est bien pénible de ne jamais rencontré d’avis contrastés, nuancés et même négatifs… *soupir, double soupir, marre de soupirer en vain, mais soupir quand même…

Bref je pense que je vais laisser les shojo/josei de côté pour un temps indéterminé (toujours ?)… ce n’est pas fait pour moi… Je rappelle que le but n’est pas de critiquer ceux qui qui ont aimé l’oeuvre mais vraiment d’introduire une réflexion, on peut aimer une oeuvre an ayant conscience du problème qu’elle véhicule…


Hundred Ghost stories of my own death de Matono Anji
Autres titres : Boku ga Shinu dake no Hyakumonogatari
4 volumes

Résumé : Série d’horreur détaillant le « Round of 100 Ghost Stories », un vieux conte censé provenir du Japon. Souvent utilisé comme un test de courage où les participants racontent une centaine d’histoires surnaturelles et soufflent une bougie puis se regardent dans le miroir après avoir terminé chaque histoire. Quand la bougie du centième est soufflée, on dit que les fantômes et les démons sont invoqués dans notre monde.

Mon retour : Une fois n’est pas coutume, j’ai lu cette oeuvre en ligne sur un site « méchant pas beau » parce que j’avais tout en carton pendant mon déménagement. Je ne regrette pas pour deux raisons, d’abord parce qu’il semble assez introuvable en anglais comme en français et ensuite parce que j’ai vraiment beaucoup aimé. Chaque chapitre est centré sur un légende urbaine du folklore japonais. La mise en scène est particulièrement bien pensée en présentant un petite garçon qui semble raconter chaque histoire de fantôme sur les réseaux sociaux, ainsi à chaque début et fin d’histoire on le voit face à ses propres peurs, cela rend l’atmosphère réaliste et dense. Les histoires en elles-mêmes sont racontées et mises en dessin de façon crue et brève, cela rend chaque chapitre facile à lire mais joue également pas mal avec la stratégie du choc que l’on retrouve communément dans le cinéma d’horreur. Je ne veux pas trop en dire plus parce que ce serait déjà en dire de trop, je ne peux que déplorer que l’horreur soit si peu rééditée dans l’univers du manga quand il s’agit de titres considérés comme mineurs, certains, comme ce manga-ci, restent méconnus uniquement parce qu’on ne leur donne pas plus de visibilité, c’est bien dommage car j’ai beau adoré Junji Itō, ça serait sympa de donner leur chance aux autres aussi…


Chainsaw man de Fujimoto Tatsuki
11 volumes

Résumé : Pour rembourser ses dettes, Denji, jeune homme dans la dèche la plus totale, est exploité en tant que Devil Hunter avec son chien-démon-tronçonneuse, « Pochita ». Mais suite à une cruelle trahison, il voit enfin une possibilité de se tirer des bas-fonds où il croupit ! Devenu surpuissant après sa fusion avec Pochita, Denji est recruté par une organisation et part à la chasse aux démons…

Mon retour : Il faut que je vous dise avant tout que j’aime énormément les shonens, pour autant c’est finalement rare que je sois hyper emballée par une série… Je trouve qu’elles se ressemblent toutes plus ou moins, il est rare que je trouve une série où les femmes sont bien représentées et traitées et, enfin, je suis souvent blasée par les personnages car il est finalement très très rare que je trouve des personnages qui ont l’approfondissement émotionnel que je recherche.

Et bien avec ce manga, j’ai trouvé mon compte sur toute la ligne et de bout en bout. J’ai vu à droite, à gauche qu’il était très critiqué mais comme je n’ai pas les éléments de comparaisons qui pourraient me faire réfléchir au sujet, autre que mes propres lectures du genre, j’ai juste surkiffé ! Oui, rien que ça !

Pochita, d’abord, est juste une petite merveille de mascotte, plus fort que Happy dans Fairy Tail, il tient davantage de Kurama mais avec une relation différente et plus attendrissante. Sa relation avec Denji a une force émotionnelle à la hauteur de l’empathie et du sacrifice qui les lient. Denji, qui s’il est un estopatte comme la plupart des héros de Shonen a ce quelque chose de bien plus dramatique que la plupart des héros du genre que l’on connait puisque dès le premier chapitre du premier volume, il est question de tragédie et de survie à tous les niveaux. On ouvre le manga, on se prend une baffe…
Rien à dire ça fonctionne du feu de dieu, ajoutez à cela, des méchants vraiment méchants, une transformation en monstre qui a tout de la métaphore et on a une accroche d’enfer…

Ce manga a été défloré sur la plupart des blogs et, je trouve ça vraiment dommage, donc je vais tacher de ne pas en remettre une couche. Mais ce qui me plaît le plus dans ce manga déjà c’est l’aspect, à mes yeux, bien plus seinen que shonen, c’est un chainsaw man après tout, ça taillade sec et, comme je le disais plus haut, on baigne dans la vie et la mort de bout en bout !!!
Ensuite les personnages féminins sont d’une badasserie absolue tout en n’étant pas à poil toutes les 30 secondes, bien au contraire, (Tous mes remerciements à l’auteur en tant que femme et bravo pour le dress code ça met tout le monde d’accord), les amitiés notamment homme-femmes sont franchement une des plus belles qualités de ce manga et les histoires d’amour avouées ou non sont magnifiques car quasiment toutes en sous texte. On saupoudre tout ça de combats psychologiques et physiques totalement maîtrisés et on obtient un must have…
Oui, je l’ai dit, pour moi c’est un must have, j’ai fini par me lasser Jujutsu Kaisen que j’aimais bien, par contre, j’ai conservé et amplifié mon intérêt pour cette série jusqu’à la fin (fin que je trouve parfaite par ailleurs), je compte même la relire… Sa courte durée, 11 tomes, est également un atout surtout pour un shonen, le budget c’est important et quand la qualité rencontre le budget alors on peut parler de perfection n’est-ce pas ?


Heaven Official’s Blessing de Mo Xiang Tong Xiu / Mo Xiang Tong Chou (j’ai trouvé les deux écritures)
Autres titres : Tian Guan Ci Fu
Saison 1 (13 épisodes), saison 2 bientôt

Résumé : Xian Le est un royaume vaste et rempli de ressources considérables. Xie Lan, le prince héritier est un jeune homme talentueux qui n’est pas intéressé par le pouvoir et désire seulement « sauver le monde ». A 17 ans, ce dernier remporte les épreuves célestes et gagne l’immortalité. Cependant, il se fait rapidement bannir du paradis, au point de devenir la risée des trois royaumes. Lors de son retour sur Terre, Xie Lan fait la rencontre de Hua Cheng, le terrible roi fantôme.

Mon retour : Dans l’une des premières parenthèses otaku, je vous avais parlé de Mo Dao Zu Shi dont j’étais tombée totalement et follement amoureuse et, pour lequel, je ne comprends toujours pas pourquoi personne n’a acquis les droits de l’anime en France, ça reste un grand mystère pour moi… au vu de son succès et de sa popularité, c’est devenu un anime qu’on se passe sous le manteau avec passion et enthousiasme mais bref… Aujourd’hui, je vous parle d’une autre oeuvre du même auteur qui, elle, est disponible sur Neflix.

L’animation est très fluide et superbement esthétique, on oublie facilement les 2/3 passages bâclés pour se concentrer sur la délicatesse et la poésie de cette histoire tout en regards. L’anime est juste un pur bijou de délicatesse et de poésie.
C’est une production chinoise donc je vais vous dire ce que j’avais dit pour Mo Dao Zu Shi, il n’y a rien d’explicite dans l’histoire d’amour entre les deux protagonistes, c’est tout en sous texte, en silence, et d’une subtile suggestion. Le fantastique mêle dieux et humains dans une aventure qui parle d’humanité et de sentiments d’empathie, la rédemption est beaucoup au cœur de cette oeuvre tout comme celle de l’appartenance. Thèmes déjà grandement abordés dans Mo Dao Zu Shi mais toujours avec autant de subtilité. C’est joli, c’est doux, un anime idéal pour agrémenter un week end. Je précise toutefois que, même si j’ai passé un agréable moment, il est loin d’arriver à la cheville de Mo Dao Zu Shi pour lequel je prie tout ce que je peux prier pour une sortie officielle en France tant il est vaut la peine, comment ça je me répète ??? ^^


Momo & Manji de Sawa Sakura
Autres titres : Momo To Manji
4 volumes dont le dernier à paraître en France

Résumé : Sous la chaleur moite de l’été, dans une petite pièce, deux respirations s’entremêlent… Momoki, ancien Kagema (prostitué masculin) a été recueilli par Manji, un jour de pluie. Mais les moments que Momo passe avec Manji n’ont rien à voir avec son ancien travail, et sont remplis de bonheur et d’instants heureux entre amants. Momo a l’impression de vivre un rêve… Et ce, en dépit de leur passé à tous les deux.

Mon retour : J’avoue que j’ai commencé ce manga avec beaucoup de préjugés mais le trait et la poésie qui semblait se dégager de certains extraits que j’ai feuilleté m’ont fait céder. Pour être tout à fait honnête, c’est un yaoi comme il y a en a des tas, à savoir qu’on a des scènes de sexes avec des dialogues pendant l’acte totalement pourris (je crois que c’est encore pire de les lire en français qu’en anglais), alors pourquoi je vous en parle aujourd’hui ? Parce qu’il y a des mangas classés dans des genres qui ne leur rendent pas honneur voire même les pénalisent…
Ce manga, outre que, personnellement, j’adore la restitution graphique de l’ère Edo, a un dessin que je trouve magnifiquement inspiré des anciennes estampes japonaises.
Il y a des scènes de sexe crues mais les drogues du sexe, les vêtements de l’époque, les pratiques sexuelles comme les ustensiles utilisés lors de ses pratiques, la prostitution notamment masculine sont présentées et expliquées contextuellement souvent par le biais de souvenirs. A côté de ça, la romance est belle (bien que encore une fois les dialogues pendant le sexes sont d’une débilité navrante), je dirai même qu’elle est de plus en plus belle au fil des tomes car elle est cadrée dans un décor féodal poétique que les traits de la mankaga met à l’honneur tout en contraste avec une représentation du quotidien. Les bagages émotionnels, les traumatismes et les blessures sont développés, la mangaka montre comment ils s’intègrent dans toute nouvelle relation amoureuse et comment l’on doit réussir à les intégrer dans une vie à deux où chacun a eu un passé bien chargé. On peut reprocher pas mal de chose à ce manga mais il y a une finesse certaine à pas mal de niveaux. On découvre le panel des métiers de l’époque Edo avec les outils et les traditions notamment celle des pompiers avec le personnage de Manji, c’est vraiment très intéressant et très bien intelligemment introduit…

Un TW s’impose car l’enfance de Momo explique comment les Kagewa (prostitué masculin) était « initiés », comprendre abusés, violés, torturés et vendus et, dans la cas de Momo, il est question d’inceste par son frère, donc à ne lire qu’en connaissance de cause…

Mais si le cadre est difficile, moi-même je n’ai pas lu l’initiation de Momo sans peine, on reçoit une masse de terme japonais, et d’information historique et culturelle très importante qui m’a fait pensé au célèbre Grand miroir de l’amour mâle de Ihara Saikaku. Notamment dans les tome 1 et 2 quand il est question du Shudô (initiation d’un jeune homme par un homme plus vieux).

Je fais souvent le reproche aux yaoi de ne pas avoir ni histoire, ni profondeur, ce qui est navrant d’autant plus si on nous colle un viol « turn to love » au milieu mais là, celui-ci, je le trouve superbement dessiné, très intelligemment exploité (sauf les dialogues des scènes de sexe) pour en faire non seulement l’occasion d’exploiter des profils émotionnels profonds mais également introduire de nombreuses indications culturelles et historiques. Si ce n’est le TW, je le recommande, vous vous en doutez…


Dans les sorties du moment, je vous conseille :
Innocent Rouge Vol.12

– Bena Vol. 2
Les Chefs-d’œuvre de Junji Ito
– The Breaker Vol. 5 – Edition ultimate
Banana Fish Vol. 6 – Réédition 2021
Le Chat qui rendait l’homme heureux Vol. 2


Voilà, faites-moi un retour si vous connaissez une ou plusieurs de ces oeuvres, c’est toujours sympa de connaître les avis des autres…;-)

Bonnes lectures !